Le verre, un marché transparent: Vitrage sur-mesure et marché français du verre

Polymorphe et hétérogène, le marché français de la verrerie se décline entre industrie et métiers d’art : le verre, on le façonne, on le transforme, on l’installe. Et désormais, on s’en sert également comme matériau décoratif, dans le cadre du vitrage sur-mesure. Suivez ce focus pour tout connaître de l’état du marché du verre dans l’Hexagone.

Le marché du verre regroupe, en France, plus de 200 entreprises et quelques 45 000 salariés. Il faut toutefois préciser que ce secteur est extrêmement hétérogène et s’étend sur de nombreuses activités, allant de l’industrie de main-d’œuvre (façonnage et transformation du verre) jusqu’aux métiers de pose à des fins d’isolation et de décoration (vitrage sur-mesure).

L’industrie hexagonale du verre enregistre des baisses modérées depuis une dizaine d’années : la production globale était de 4 500 000 tonnes environ en 2013 (-2 % par rapport à l’année précédente), selon les chiffres de la Fédération des industries du verre. Le secteur industriel se divise entre verre mécanique (investissements lourds et production de masse) et verre à la main (métiers d’art et de création).

Ajoutons que la France est le 5e exportateur mondial de verre, bien que ce taux d’exportation (35 %) soit inférieur à celui de l’industrie manufacturière. Une différence qui s’explique par la grande fragilité d’un matériau difficile à transporter.

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Les différents types de verres

Le marché du verre englobe plusieurs types de verres :

  • Le verre plat (glaces, vitres, miroirs) : il est utilisé dans les secteurs du bâtiment et de l’automobile, pour des besoins en verrerie classique, depuis l’isolation extérieure jusqu’au vitrage sur-mesure.
  • Le verre creux : il est destiné à l’emballage, comme les bouteilles, lorsqu’il est moulé ; ou à la fabrication de flacons ou d’ampoules, lorsqu’il est étiré.
  • La fibre de verre : utilisée pour l’isolation, la résistance aux chocs ou l’inertie chimique, surtout lorsqu’elle est associée à du plastique, pour la construction, les transports, les équipements industriels, l’électronique, etc.
  • Le verre cellulaire : utilisé pour l’isolation thermo-acoustique des bâtiments.
  • Le verre trempé : le verre simple est modifié par traitement thermique ou chimique afin d’être renforcé (vitres des voitures hors pare-brise, pièces d’ameublement dans le cadre d’un vitrage sur-mesure, etc.).
  • Le verre feuilleté : composé de couches de verre et de plastique, il est une autre version renforcée du verre simple, utilisé pour les pare-brises des voitures ou pour le vitrage blindé.
  • Le verre traité en surface : antireflet ou hydrophobe, par exemple.

Le marché français du verre est marqué par une volonté d’innovation. Souvent considéré comme un matériau « simple », le verre est en réalité un concentré de technologie et le fruit d’une longue réflexion, notamment en ce qui concerne l’impact environnemental de l’industrie. La forte concurrence entre les acteurs du secteur et les nécessités de s’adapter aux normes changeantes favorisent cette quête d’innovation.

On retrouve cette ambition innovante dans la tranche emballage, via des recherches pointues sur la question du recyclage d’une part, et sur les propriétés mécaniques du verre d’autre part. Avec un taux de recyclage qui approche des 70 %, le verre est en effet en mesure de concurrencer les matières plastiques, plus polluantes.

La dimension décorative : le vitrage sur-mesure

Le secteur de la décoration est en train de devenir un Eldorado pour la verrerie française. De plus en plus de vitriers proposent ainsi des services de vitrage sur-mesure de différentes sortes, dans le but non plus de renforcer l’isolation des bâtiments, mais de travailler l’esthétique d’un intérieur :

  • Le vitrage décoratif intérieur (comme pièce d’ameublement, pour des étagères…) ;
  • Le vitrage sur-mesure structurel (marches d’escalier, planchers, garde-corps…) ;
  • Le miroir ;
  • Le vitrage sur-mesure de salle de bain (paroi ou porte de douche, notamment) ;
  • Le verre personnalisé à décorer selon ses envies (coloration, impression, etc.).

Le vitrage sur-mesure utilise différents types de verres : verre simple transparent, verre simple opaque, verre feuilleté, verre antireflet, miroir anti-éclat, verre feuilleté blindé, etc. Et ceci, avec tout type de finition (coloré, fumé, griffé…). On l’appelle également « verre calibré », parce qu’il est calibré à l’exact en fonction des exigences du client.

Les raisons du succès de cette niche dans laquelle se précipitent les vitriers ? Le besoin de se diversifier. Entre 2008 et 2013, les demandes en verre de la part du secteur du bâtiment ont reculé de 25 %. En d’autres termes, le vitrage sur-mesure représente un levier de croissance considérable pour le marché français du verre.

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