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Rendez-vous dimanche 7 février, dès 16 heures, pour un événement spécial en direct du Palais des sports de Grenoble.

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Le Club de Mediapart sam. 6 févr. 2016 6/2/2016 Dernière édition

Les règles de notre Club

Plusieurs personnes ont annoncé, ces derniers temps, leur départ du Club, leur abstention, temporaire ou définitive. Beaucoup d'annonces définitives n'ont d'ailleurs eu qu'une éternité très limitée dans le temps. Quelques uns sont revenus, dont on ne lisait plus rien depuis tant de mois. D'autres se sont retirés à bas bruit, sans coup d'éclat, pas sans regrets. La vie, en somme.

Plusieurs personnes ont annoncé, ces derniers temps, leur départ du Club, leur abstention, temporaire ou définitive. Beaucoup d'annonces définitives n'ont d'ailleurs eu qu'une éternité très limitée dans le temps. Quelques uns sont revenus, dont on ne lisait plus rien depuis tant de mois. D'autres se sont retirés à bas bruit, sans coup d'éclat, pas sans regrets. La vie, en somme.

 

La vie, mais la vie sous un microscope, au vu de tout le Web, des moteurs de recherches qui enregistrent consciencieusement les coups d'éclats, les attaques, les injures trop souvent. Les déceptions. Les ruptures. Les réconciliations. Au point que l'on nous demande souvent d'intervenir, au-delà de la charte et parfois au-delà de la loi. Un exemple: les pseudonymes. En aucun cas la justice ne saurait retenir le délit de diffamation ou d'injure à l'égard d'une personne n'écrivant pas sous nom; la loi ne protège pas les avatars. Il n'en reste pas moins que ce pseudonymat est en ligne une identité bien plus réelle que l'état civil pour certains et que la blessure des mots qui frappent n'en est pas moins vive. Il n'en reste pas moins que le ton général de la discussion s'en trouve affecté: la polémique plutôt que le débat serein, l'échange de coups plus que d'arguments.

 

C'est aussi de cela que souffre parfois ce club: depuis novembre 2008, un nombre limité de contributeurs ont tenté de privatiser cet espace de dialogue pour créer un entre-nous qui excluait les autres, des commentateurs ont harcelé l'une ou l'autre pour qu'il ou qu'elle se lasse d'argumenter. Dans ces cas là, celui qui l'emporte n'est pas celui qui dispose des meilleurs arguments, mais des nerfs les mieux accrochés. La dérive était prévisible et pourtant, nous avons parié sur l'intelligence et l'autorégulation. Car ce club est le votre; la «modération» n'y est que minimale et, contrairement à la quasi-totalité des espaces de ce type, nous choisissons de ne pas supprimer tout ce qui ne tombe pas sous le coup de la loi, persuadés qu'il vaut mieux convaincre que trancher. Faut-il que nous en reprenions possession et que nous nous banalisions en rabotant toutes les aspérités? Ce n'est pas le choix que nous avons fait jusqu'à présent.

 

C'est donc sous une double injonction qu'il nous faut vivre: ne pas laisser se dégrader le débat; ne pas juger a priori une parole illégitime.

 

Restent ces billets qui portent en médaillon des départs tonitruant. Au détour d'un commentaire, l'un d'entre nous a assez bien énoncé cela: ces articles, ces appels, exprimeraient, pour nous, «à la fois un compliment et une déception.»

 

Un compliment, puisque dire que l'on quitte Mediapart, c'est en parler comme d'une identité affective (un parti, un mouvement, une association, un couple, etc.) dont les liens dépassent ce qu'offre ordinairement un média, la simple consommation d'informations. Cela signifie que notre pari d'inventer un média participatif et contributif, d'un genre inédit, a mobilisé et attiré une partie de ceux qui nous ont permis, jusqu'ici, de durer. Autant de raison pour continuer à relever ce défi, avec tous ceux d'entre vous qui auront assez de patience et de constance pour nous accompagner, malgré les retards, insuffisances, énervements, etc.

 

Une déception, évidemment, puisque l'on nous reproche (nous, la rédaction) de vous (vous, les lecteurs contributeurs qui, cependant, ne sont pas tous les lecteurs, loin de là), donc de vous avoir laissé fonctionner librement, sans entraves ni censures, en pariant sur une sorte d'esprit communautaire spontané (cordialité, intérêt, respect, pluralisme, etc.). Nous ne sommes pas aveugles ni sourds, et nous voyons bien que cette liberté ne s'autogère pas à la perfection et que le Club peut aussi s'emmêler et s'embrouiller, se faire des nœuds et se crée des soucis. Si nous n'intervenons qu'avec précaution et parcimonie — «la main tremblante» à chaque fois —, c'est que nous voulons en tirer toutes les leçons – quelle animation du Club, quelle nouvelle architecture, quelles nouvelles fonctionnalités – pour bien agir.

 

Pour certains, et après tout c'est votre droit, vous cherchez, parfois, sur Mediapart ce que nous n'avons jamais promis: un journal qui reflèterait vos convictions, vos seules convictions et jamais celles du voisin qui, après tout, est lecteur et abonné lui aussi. Il est de ce point de vue désolant, dans le contexte actuel, d'être confronté à une sorte de consumérisme aux alibis militants qui manifeste si peu de constance dans son soutien à une presse libre envers tout pouvoir étatique, politique et économique. Pourquoi donc Mediapart ne serait-il pas un lieu où, du PS au PCF, des Verts au Modem, du NPA à — mais oui — une partie de l'UMP, des libéraux et des antilibéraux, des sans-partis aux curieux, etc., des hommes et des femmes divers se retrouveraient pour partager une information vraiment indépendante, confronter leurs réflexions respectives sur ce pouvoir et cette époque, opposer leurs solutions et leurs projets, trouver des points d'accord, clarifier les désaccords...? Depuis quand s'informe-t-on vraiment en étant uniquement entre soi, entre gens qui pensent pareil et qui, par conséquent, ne pensent jamais contre eux-mêmes, bref ne se remettent jamais en cause leurs préjugés?

 

Ce qui nous attriste le plus – et là, cela signifie qu'il y a encore du chemin à faire – c'est la persistance de ces formes d'intolérance qui ont toujours été un obstacle pour le journalisme indépendant. Si Mediapart est un journal participatif, c'est pour permettre l'expression large des opinions, débats, polémiques, réflexions, sensibilités, partis pris, etc., autour des informations apportées par sa rédaction. C'est bien dans ce sens-là que nous entendons ce mot.

 

Dès cet été, nous lancerons des innovations éditoriales, des modifications du Club, des améliorations fonctionnelles. Mais, entre-temps, nous continuerons à enfoncer le clou qui fut à notre point de départ: la nécessité de construire une presse libre – ce qui sera le sujet de notre Manifeste, en vente en librairie (pour atteindre d'autres lecteurs, pas encore convertis au numérique) à partir de la mi-mai. — et l'affirmation d'engager des débats participatifs de qualité.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires
L’usage des pseudonymes par les abonnés ne me pose aucun problème mais je n’apprécie guère l’anonymat de “l’animateur du club”. - Je trouve tout à fait désobligeante et décevante cette méthode de la part de la rédaction. - On ne peut pas prôner - à juste titre - la transparence - et traiter aussi irrespectueusement l’ensemble de ses abonnés. Une abonnée, intermittente de la participation qui ne râle jamais.