Brexit : Londres met en garde ses banques contre la France

Le ministre des Finances britannique estime que l'Europe, emmenée par la France, cherche à affaiblir la City. Les acteurs sont invités à trouver de nouvelles voies de croissance en dehors de l'Europe.

C'est un reproche récurrent que vient de renouveler le Chancelier de l'Echiquier, Philip Hammond. Il a mis en garde des représentants de la City contre une tentative de l'Union européenne, emmenée par la France, d'affaiblir la place londonienne,  rapporte lundi le « Financial Times » . Les acteurs britanniques pourraient perdre l'accès aux marchés européens, a prévenu le ministre.

Philip Hammond presse donc les patrons d'établissements bancaires et autres acteurs financiers de travailler en étroite collaboration avec le Trésor et la Banque d'Angleterre pour développer « des leviers alternatifs de croissance » afin de compenser toute perte d'activité en Europe. Il s'agit surtout des marchés émergents.

Concurrence américaine

Ironie de l'histoire, les stratégies de certaines banques anglaises vont à l'encontre des préconisations du ministre. Le géant bancaire  HSBC a ainsi choisi la France pour continuer à opérer en Europe. Dans le même temps,  Barclays s'est retiré d'Afrique pour se recentrer sur l'Europe et les Etats-Unis.

Hammond a aussi évoqué la concurrence de New-York qui menace la compétitivité de Londres. Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a entériné une vaste réforme fiscale visant à alléger l'imposition des grands groupes et notamment des banques.

e ministre conservateur a toutefois prévenu que les acteurs financiers ne pouvaient pas compter sur une baisse d'impôts similaire au Royaume-Uni dans les prochaines années. Il juge le niveau d'imposition américain insoutenable sur le long terme, selon un document obtenu par le quotidien britannique.

La livre sterling sous pression

Ces déclarations interviennent alors que les craintes  d'un divorce sans accord se multiplient outre-Manche. En parallèle d'une rencontre à Brégançon entre la première ministre, Theresa May, et le président français, Emmanuel Macron, Jeremy Hunt, ministre des Affaires étrangères s'est dit « préoccupé » par le « vrai risque d'un Brexit sans accord ».

Dimanche, dans les colonnes du « Sunday Times », le ministre du Commerce international, Liam Fox, a jugé que la probabilité d'une sortie de l'Union européenne sans accord était plus importante qu'un Brexit avec accord.

Sous pression, la livre sterling perd 0,72 % ce lundi face au billet vert à 1,2926 dollar. Il s'agit de son plus bas niveau depuis 11 mois. La devise est en passe d'enregistrer sa cinquième séance consécutive de baisse.

La position de la France est jugée trop dure par le camp britannique et constitue le principal obstacle à un accord, ce que Paris dément. Le négociateur européen Michel Barnier indique qu'un terrain d'entente a déjà été trouvé pour 80 % de l'accord. Mais des points importants, comme la frontière irlandaise, doivent encore faire l'objet d'un consensus.

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