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Billet de blog 3 nov. 2014

le documentaire sur l'utilisation, le débat sur l'utilisation du baclofène pour soigner l'alcoolisme sur ARTE, vendredi 31 octob

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le documentaire sur l'utilisation, le débat sur l'utilisation du baclofène pour soigner l'alcoolisme sur ARTE, vendredi 31 octobre à 22h20, une question mal posée

je suis alcoolique

Avec mes proches, amis, relations, je préfère parler d »alcoolo dépendance.

En effet, je n’aligne pas les bouteilles et je dis un grand merci au baclofène, autour de moi, seul des intimes, très rare connaissent mon besoin de boire dans la journée.

Je suis heureuse d’être connue pour d’autres qualités

Je suis heureuse que mon mari, ne soit pas « le mari de l’alcoolique »

Avec ces aires condescendant, du comment il peut laisser faire…

Que dire de ce reportage qui a opposé des théories qui se complètent ?

-rare sont les alcooliques par accident, simple négligence. L’addiction mine notre corps, je sais que j’ai plus de chance d’avoir des problèmes au foie que quiconque. L’addiction est humiliante quand vous devez reconnaitre que là, dans ce moment là, vous devez prendre un verre, comme un diabétique doit prendre son insuline.

Non l’envie n’est pas une question de minute, qui passerait en oubliant.

L’envie revient plus tard avec plus de force et vous devenez comme un volcan et trainez votre manque jusqu’à l’explosion.

-l’alcoolisme, je ne cherche aucune excuse, je ne cherche aucune condamnation non plus, est souvent la conséquence d’accidents de vie, souvent au pluriel

-les enfants sont mal protégés, les adultes pas suffisamment à l’écoutent.

Beaucoup de serpent naissent dans l’enfance.

- les services sociaux débordés, l’accès au soin de plus en plus difficile pour les plus fragiles. L’état des hôpitaux psychiatriques est catastrophique, l’état de la psychiatrie en France n’est pas brillant.

-l’alcoolisme peut avoir un terrain génétique

-l’alcoolisme cache la foret, explorer et vous trouverez une autre pathologie dont elle est un symptôme.

-une psychothérapie de fond ne me parait pas évitable

Première tentative de suicide à 23 ans, trois autres ont succédé, je suis suivi par des psychiatres et des psychothérapeutes, j’ai croisé naturellement des alcoologues. j’ai suivi une psychothérapie de groupe comportementale à l’hôpital de Vanves concernant la gestion des émotions, en raison des budgets alloués à la santé, avec sainte Anne, ils sont les seuls à offrir ce type de séances.

J’ai été suivi aussi à « l élan retrouve », institution spécialisée dans la prise en charge de la maladie alcoolique.

Je continue toujours mes entretiens avec mes médecins.

- la prise de baclofène n’efface pas la volonté de se soigner, bien au contraire.

J’ai lu dans le monde les découvertes du docteur Ameisen dont j’ai lu le livre. J’ai eu la chance d’avoir des médecins qui ont tout de suite voulu tenter l’expérience. C’est ensemble que nous avons trouvé un dosage qui m’a permis de diminuer mes consommations.

Je prends neuf pilules de baclofène de 10 mg par jour. Je ne peux supporter d’avantage, au-delà je commence à faire des malaises.

C’est la difficulté du baclofène, le dosage dépend de chaque malade.

Il faut donc une grande coopération entre le prescripteur et l’alcoolique.

- Je ne réclame pas le droit de consommer comme tout le monde, propos tenu par certains professionnels dans l’émission. Je suis d’accord pour supprimer toutes consommations. Je serai aussi d’accord pour ne pas souffrir de maniaco dépression. Bien sur j’ai un régulateur d’humeur, mais cette pathologie induit souvent une forme de sensibilité que l’on apprend un maitrisé comme un cheval sauvage.

Le baclofène limite les conséquences d’une rechute, un verre n’est plus fatal, c’est en cela qu’il est un médicament très important.

Il diminue réellement le besoin de consommer.

Il allège ce travail de Sysyphe, dominer au quotidien le manque.

-le manque est une souffrance physique et psychologique

-je me rappelle m’a première hospitalisation pour sevrage à l’hôpital saint Antoine à paris par un psychiatre du 16 arrondissement, sans  ce préoccuper de l’existence d’une mutuelle, de la possibilité d’une hospitalisation en clinique, sans aucune information sur les conditions d’un sevrage.

Elle voulait faire le point entre ma dépendance alcoolique et la première suspicion de maniaco dépression

Je suis restée 5 jours, chambres à deux, un seul couloir de déambulation, histoires de blonde et cigarette comme seuls activités, je n’ai pas rencontré de médecin pendant ces 5 jours.

Je suis partie, j’ai perdu plusieurs années à ne pouvoir re-envisager un nouveau sevrage.

Maintenant, j’ai des ports d’attaches où je dialogue avec mes médecins.

Il y a des médecins plus humains, plus sensibles que d’autres. Il revient à chaque malade de chercher son accompagnant. Leurs rôles est essentiels sont la direction, l’acceptation d’un sevrage.

-j’ai peu reprendre une petite activité professionnelle à temps partielle, avec une amie qui me fait confiance.

-il ne faut pas amener un alcoolique a cacher sa consommation. Augmenter sa honte, augmenter son stress, ne serre à rien.

Un alcoolique a conscience de sa fragilité sociale. Il sait que le compagnon ou la compagne peut dire stop et c’est normal.

Un alcoolique se sait futur SDF en puissance.

-Le docteur Ameisen parlait de la volonté de ne pas faire de mal.

Je hais la violence conjugale et l’alcool au volant, je ne conduis pas.

Un alcoolique peut avoir un sens moral.

Un alcoolique peut être un/au jour un aidant.

Et c’est sans doute en ce sens que je prends la peine d’écrire ce texte.

J’ajouterais pour finir

J’ajouterai quand je vois un enfant de 12,13,14 ans une cannette à la main,

Que l’envie de chanter de Gainsbourg me prend

« Aux enfants de la chance

Ne commettez pas d’imprudence

Surtout n’ayez pas l’imprudence

De vous foutre en l’air avant l’heure dite »

Merci à ceux qui auront supporté ce texte jusqu’au bout !

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