« Touchez pas au grisbi », mais aux seins des femmes, oui

Ben oui, quoi ! Pourquoi se gêner, alors que Jean Gabin, dans une « performance magistrale » (Gérard Camy, Télérama), le fait si bien ? Qui plus est, dans une mise en scène de Jacques Becker, que le même critique qualifie de « grand cinéma » !

Magistrale, en effet, la leçon donnée par celui qu’il « faut […] voir, la cinquantaine séduisante et désabusée » (idem), quand il suit une femme de près et en profite pour l’enlacer en posant avec autorité une main sur chaque sein, ou celle de main aux fesses donnée par un personnage secondaire.
Tout aussi magistrales, les gifles dont sont gratifiées les femmes, et pas qu’une fois, dans ce film à la gloire de l’amitié virile. Dans lequel, qu’elles soient filles légères ou aristo couverte de bijoux, elles sont toutes de parfaites idiotes. À l’exception de celle qui, rangée des affaires, fait mijoter des petits plats pour ces messieurs. Qu’on se le dise ! Le lit ou la cuisine, c’est là leur véritable place.
Film à l’époque interdit aux moins de 16 ans qu’Arte a programmé hier en première partie de soirée. Une programmation qui s’imposait, quelques semaines à peine après le début de l’affaire Weinstein, alors que la parole des femmes harcelées ou violées peine encore à se faire entendre, et que depuis des années, tous les trois jours, une femme est tuée par un ex ou par son compagnon.

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