François Nadiras, un site, une œuvre

Quelques mots sur François Nadiras (1941-2017), le créateur et responsable éditorial du site de la LDH de Toulon.

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François Nadiras vient de mourir. Derrière ce visage discret, il y avait l’inflexible détermination d’un homme qui voulut que, depuis Toulon, où il avait vécu, enseigné, milité, et où le Front national avait remporté les élections municipales de 1995, « soit dite une parole qui corresponde à la vérité ».

C’est ainsi qu’il a conçu puis nourri jour après jour, sans se ménager malgré la maladie incurable dont il était atteint, le site Internet de la Ligue des droits de l’homme de Toulon, en faisant par sa rigueur éditoriale un site de référence sur l’Histoire coloniale et postcoloniale, comprenant le racisme, l’antisémitisme, la xénophobie, les Roms et les gens du voyage, qui reçoit en moyenne 3000 visiteurs par jour depuis le monde entier, véritable bibliothèque à clic ouvert regroupant plus de 4500 pages – articles, documents, archives, témoignages.
Il avait entrepris en février une gigantesque refonte du site en le dédoublant, avec d’un côté, ce qui relève de l’Histoire et de nos sociétés, et de l’autre, ce qui concerne précisément la section de la LDH de Toulon.

De son travail, il en est question sur le site « Dormira jamais » d’Olivier Favier (1). Et sur celui de Michel Dandelot (2), qui a retrouvé dans La Marseillaise un article intitulé « François Nadiras, une vie, une œuvre et un engagement sans faille dans la défense des droits humains. Rencontre », dont je me suis inspirée en particulier pour le titre de ce billet, parce que c’est bien une œuvre qu’il a réalisée et qu’il nous laisse.

Je ne l’ai jamais rencontré, mais nous avons souvent communiqué par courriel ou téléphone. Il nous arrivait de travailler de conserve sur les mêmes éléments. Un jour, lors d’un de ces échanges, il me suggéra un sujet qui méritait qu’en soit fait un billet. C’était à propos des restes des résistants algériens conservés au Muséum d’Histoire naturelle de Paris.

Je garde le souvenir de la douceur d’une voix qui jamais ne s’imposait.

Merci à Eugénio Populin, qui m’a prévenue de sa mort avant que cette nouvelle ne gagne le cercle de nos amis.

(1) https://dormirajamais.org/ldh/

(2) http://www.micheldandelot1.com/francois-nadiras-un-homme-une-vie-une-oeuvre-et-un-engagement-sans-fai-a130726508

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