Qui est riche et qui est pauvre ? Petit (Re)changement de paradigme.

L’Écologie nous apprend que la diversité est essentielle et nous fait donc comprendre que les différences entre nous sont magnifiques et doivent être respectées et encouragées. Les choses dites ou créées par d’autres personnes peuvent me bouleverser, m’étonner, me questionner… La vie serait triste et grise sans cette diversité.

La façon de s’organiser pendant cette longue période avant les temps modernes n’était sans doute pas homogène dans le temps ni géographiquement. Cependant, il semblerait qu’en général le comportement « prosocial » (prosocial est l’antonyme d’antisocial), le souci de l’autre, l’entraide, le partage étaient valorisés. L’invention, vers la fin de la période paléolithique et le début de la période néolithique, de la propriété privée, l’héritage et la sédentarisation ont provoqué un changement de paradigme et par la suite, l’acceptation des comportements « antisociaux », la compétitivité, l’exclusion, la monopolisation et l’accumulation. Ces comportements sociaux sont récents et ne correspondent qu’à une petite partie de notre histoire en tant qu’espèce. Nous pouvons aussi dire qu’ils ne sont pas innés chez l’humain mais que nous les avons acquis suite à cette transition.

Nous pouvons imaginer que, pour un paléolithique, les critères que nous utilisons aujourd’hui pour accorder un statut socio-économique à quelqu’un lui semblera très étrange. Pour lui c’est le monde à l’inverse. Il est temps que nous rechangions ces critères.

Je suis vu comme « riche » ou plutôt j’ai un bon statut social parce que j’ai des connaissances, des expertises, des savoir-faire certes, mais surtout parce que je les partage. Les personnes qui persistent à accaparer les biens et ne partagent pas et qui ne sont pas actives dans les réseaux d’entraide de leur commune…… ce sont eux les misérables.

Nous, les Humains, sommes confronté de nombreuses fois à des bouleversements climatiques, les chocs comme des tsunamis ou des éruptions volcaniques. Notre résilience face à ces épreuves est due, en majeure partie, à notre compassion, notre instinct à nous entraider, à notre affinité pour tout ce qui est prosocial.

L’éthique de la Permaculture peut être interprétée ainsi, prendre soin de la Terre et des Humains est pro-social, l’opposé est antisocial. Un exemple évident est de conduire un SUV en ville, les externalités de cette activité sont négatives et totalement antisociales.

Il y existe un lien entre comment j’évalue ma vie et mon revenu. Jusqu’à un certain niveau de revenu mon évaluation, ma vie devient de plus en plus positive ; après un certain seuil (75 000 $par an) pour l’étude faite aux États Unis) mon évaluation ne change plus. Cela dit il y a une différence entre mon évaluation de ma vie et mon ressenti de bonheur et de contentement. Ces deux derniers sont beaucoup moins influencés par mon revenu que le premier. Ma sensation de bonheur est augmentée par un bon réseau social, ma curiosité (dans le sens de vouloir apprendre des choses nouvelles), mon tempérament et mes activités. Ceci est assez extraordinaire, contre si qui peut sembler évident, (et une idée beaucoup promu dans les images « des riches » dans des magazines et à la télévision, que d’être riche égal d’être heureux, nous trouvons que ce n’est pas le cas.

La pauvreté est tout autre chose et ne devrait pas exister dans un pays dit civilisé. Les impacts d’être né dans une famille de statut socio-économique (SSE) réduit commencent même avant la naissance. Un tel enfant est plus stressé et anxieux comparé à son voisin de SSE élevé. L’environnement dans lequel il va grandir est souvent plus pollué, moins stimulant et plus précaire. Dans la plupart des écoles ouvertes à cet enfant, les résultats scolaires sont inférieurs à ceux des enfants issus d’une école voisine, dans un quartier plus aisé. Bon, je peux continuer et parler de l’impact de SSE réduit sur le développement et le fonctionnement du cerveau, sur les capacités cognitives, sur la santé et la longévité mais c’est un sujet pour un livre entier. Je veux par contre parler de quelque chose qui augmente terriblement l’impact de SSE réduit, la proximité des gens aisé. La plupart des impacts néfastes de la pauvreté, donc deux tiers sont, sont à cause de ce voisinage. Il est temps que s’arrête (The Impact of Inequality: How to Make Sick Societies Healthier by Richard G Wilkinson)

Il est à noter qu’être issu d’une famille riche n’est pas sans conséquences.

Face à quelqu’un en crise à cause d’un accident, traumatisme émotionnelle ou autre chose du genre, un.e riche aura une activation réduite du cortex cingulaire antérieur et du cortex insulaire, les deux étant associés à, entre autres choses, l’empathie. Le plus donc que quelqu’un est aisé le moins ils sont empathiques. Les riches ont aussi tendance à surestimer leurs compétences et tombent souvent dans le piège d’un excès de confiance (effet Dunning-Kruger). Dans une entreprise, un tel individu aura plus tendance à monter dans la hiérarchie mais plus tôt ou plus tard le principe de Peter se mettrai en évidence « dans une hiérarchie, tout employé a tendance à s’élever à son niveau d’incompétence ». Cette hiérarchie peut être dans le système politique ainsi que dans une entreprise, dans le premier cas l’incompétence d’un politicien peut être vue comme la mauvaise volonté

Je terminerais en évoquant le rasoir de Hanlon : « Ne jamais attribuer à la malveillance ce que la bêtise suffit à expliquer » !

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