Quotas ? on n’en veut toujours pas… !!

Nos dirigeant.e.s partout dans le monde rajoutent des couches d’autoritarisme policier, social et sociétal croyant de ce fait rejeter les extrêmes - qui ne se sont jamais bons pour les « affaires » -, et ne faisant que nous en rapprocher en alimentant la lâcheté.

 

Nous revoilà avec les « quotas » !

Non seulement ce système de quotas est inapplicable à moins de choisir les « émigrants » au départ suivant leur qualification et « pomper » l’intelligence et le savoir des pays en développement ; ou à moins de mettre des camps de « concentration » aux abords de l’Europe ? la France ? la région parisienne ? pour sélectionner les migrent.e.s et rejeter les autres à la mer ? dans des avions ? tout cela au mépris des conventions européennes sur les pays dits « sûrs » ?

 

Ces annonces de quotas aux relents profondément xénophobes, orientalistes, colonialistes, racistes et discriminatoires sont donc encore un trompe l’œil pour ne pas parler du reste : les guerres entretenues par nos ventes d’armes, les déséquilibres entre « Nord et Sud » entretenus par nos pillages, les injustices fiscales, sociales, environnementales (bouleversement climatique…) entretenues par un système productiviste capitaliste - deux termes inséparables -, afin de continuer tant et plus à remplir mission pour son objet irraisonné : l’accumulation folle du capital.

 

Enfin, cette question de « postes à pourvoir dans certains secteurs » ne peut pas être liée à la question des migrances mais plutôt à deux phénomènes délibérés : la carence de la formation dans un pays qui a 3 millions de chômeurs et 10 millions de sans-emploi ; la volonté du système de maintenir une armée de « sans activité » pour faire pression sur la qualité de vie et du travail. Sans parler d’une des réformes sociales les plus dures opérées ces 25 dernières années : le durcissement de l’accès à l’assurance chômage imposée par le gouvernement, qui va, en quelques mois, précariser un nombre croissant de personnes et cliver plus encore plus la société !

 

Il ne restait au travailleur de réelle liberté qu’en dehors du moment où sa force de travail était devenue une marchandise achetée pas cher et revendue avec la plus-value volée par l’entreprise capitaliste. Aujourd’hui, le libéralisme marchandise aussi tous les espaces privés, intimes, vivants, à travers son système informationnel, les datas, les neurosciences, la manière de rendre tout « fonctionnel », humain, vivant et végétal, bref de tout transformer en marchandise jusqu’au corps, ici, celui des migrant.e.s.

On leur fera tout : frontières fermées, lois Dublin, dissuasion à l’accueil, au travail, à la santé, au regroupement familial ensuite, à la régularisation…, (seconde dissuasion après le nucléaire…) et maintenant tri sur « qualité du produit/migrant » après en avoir laissé crever un maximum aux frontières, dans des camps immondes au bord des pays en guerre et dans notre belle Méditerranée…

 

Et puis, on fait aussi la différence entre « réfugié.e.s et migrant.e.s » car l’étranger doit prouver à quel point il est RÉELLEMENT en danger chez lui et qu’il ne vient quand même pas pour admirer la France, voir Marseille, Paris, les gorges du Verdon… Non ! Ça, c’est réservé aux occidentaux qui viennent chez lui. Il ne manquerait plus qu’on applique la Déclaration universelle des droits des Humains… !!

 

Faisons également un insert sur l’Aide Médicale de l’Etat (AME) ; au nom de nos finances soi-disant malades, (la somme des 10 plus grandes fortunes de France est égale au budget la sécurité sociale !) on va demander trois mois de présence aux étrangers pour qu’ils puissent se faire soigner en France. Tout en alimentant la fable du tourisme des soins par d’infâmes profiteurs qui pourraient se faire soigner chez eux et qui viennent chez nous, mais pourquoi viennent-ils alors ? Au nom de cet épiphénomène, on ne va plus soigner les migrants.e.s qui, après avoir traversé la moitié du monde dans des conditions épouvantables arrivent ici avec des maladies inconnues chez nous, gale, tuberculose, etc. Ne pas soigner nos arrivant.e.s, ce n’est pas seulement une nouvelle dissuasion/punition envers les migrant.e.s, mais aussi une mise en danger sanitaire pour toute la population qui vit dans ce pays.

 

Alors que croyez-vous ? Que les gens dans le monde ne rêvent que de partir de chez eux ? Mais Ils et elles sont comme nous : ils et elles aiment leur coin de pays, ils et elles ont des ami.e.s, des familles, des enfants, des activités … Ils et elles partent peu : 3% environ de migrations des populations dans le monde y compris avec les déplacements terribles liés aux guerres et il n’y a jamais eu aucun appel d’air quelles qu’aient été les lois plus ou moins libérales sur la question.

Non, tout, ça, quotas, camps, appel d’air ne sont que des prétextes au système pour continuer à diviser, faire peur par le racisme, et continuer à accumuler les profits.

 

Eh bien nous, nous sommes pour le droit de circulation et d’installation pour tous les humains de ce monde. Ça obligera les futurs systèmes politiques à rééquilibrer le monde - ne comptons pas sur celui-ci mais ses jours sont comptés -, et la révolution écologiste ne peut qu’y veiller et s’en charger, parce que nous parlons à la fraternité, à l’échange, parce que nous ne nous commettrons pas avec les leurres et les pièges grossiers du système…

 

Les écologistes ne mangent pas de ce pain-là : que ce soit sur les questions environnementales, sociétales, sociales ou pour le coup, des migrations, ils et elles refusent les plus petits dénominateurs communs, font l’effort de s’adresser aux gens à travers leur intelligence individuelle plutôt qu’à leur bêtise collective.

 

L’intelligence populaire, elle commence à se voir à nouveau en France - climat, gilets… , au Liban, dans le bassin méditerranéen -Algérie…, au Chili, en Irak…

 

 

Parce qu’on ne pourra sauver le monde sans les justices.

Parce que l’Écologie est un humanisme.

 

 

Françoise Alamartine, Gilles Bénard, Leyla Binici, François Blachon, Sophie Börner, Serge Borvon, Géraldine Boÿer, Florence Cortès, Alain Coulombel, Alain Fournier, Jérôme Gleizes, Hélène Hardy, Abdessalam Kleiche, Lydia Labertrandie, Christine Ladret, Annie Lahmer, François Lotteau, Serge Marolleau, Marie Pierre Mercier, Jeanne Meunier, Alain Mille, Véronique Moreira, Eric Mourey, Raymonde Poncet, Corinne Roussel-Thomas, Michèle Rubirola, Pierre Stoeber, Philippe Vicherat, Michel Wilson, Muhsin Yilmaz

 

 

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