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Billet de blog 10 août 2022

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AINSI PARLAIT PIAZZOLA Louise Jallu Astrada de Marciac 4 aout 2022

Elle est culottée, Louise Jallu, sacrément culottée !! Du haut de ses 26 ans, la bandonéoniste Louise Jallu s’attaque à Astor Piazzolla

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Ainsi parlaitPiazzolla .Elle est culottée, Louise Jallu, sacrément culottée !!Du haut de ses 26 ans, la bandonéoniste Louise Jallu s’attaque à Astor Piazzolla. Elle le connaît sûrement par cœur certes, l'argentin doit être dans les doigts de tous les joueurs piano à bretelles ou sans bretelles depuis leur plus tendre enfance. Un incontournable du genre et de surcroit un rénovateur du tango traditionnel. Mais justement, il impressionne le maestro, son jeu puissant est dans toutes les têtes et ses compositions brillantes également .
Et puisle tango, surtout le tango instrumental, a presque toujours été une affaire d’hommes. Très masculin sur la scène musicale, c’est à peine si les femmes avaient le droit d 'en chanter. Danser oui, jouer non....
Et voici qu'une petite jeunette se lance dans la réinterprétation des œuvres de l'argentin. On vient de fêter le centenaire de sa naissance certes mais voici une occasion rêvée, voici un défi de taille. Un grand défi !
Les musiques de Piazzola sont devenus quasiment des standards et le projet de Louise Jallu et de son quartet est de les traiter ainsi: appropriation, réinterprétation sans trahison mais avec une entrée singulière.
Piazzolla a toujours envisagé le tango comme une musique ouverte. Louise Jallu a fort bien compris cette leçon du maître argentin et se propose donc de nous la restituer dans toute sa modernité.

On y retrouve l'ossature du tango : fougue, mélancolie, espérance et tristesse, le son omniprésent du bandonéon, les inflexions de la danse, la sensualité à fleur de peau.
Mais le quartet, féru de compositions modernes et de sons décalés va l'interpréter d'une manière libre et ébouriffée à la croisée des musiques populaires, du jazz et des musiques dites contemporaines. Il va continuer le chemin de la modernité tracé par Piazzolla et jouer dans l’esprit, jamais au pied de la lettre. Le concert commence par la voix enregistrée du maestro ouvrant un concert ou parlant à la radio. Et la musicienne, entre deux morceaux, cite ses propos sur sa musique avec une certaine emphase.
« J'aime la musique quand elle interroge » dit il . Et ce quintet là l'interroge bien fortement : raclements, arpèges, nuances, contre pieds et dissonances. Il s'agit alors de se débarrasser de ses habitudes auditives et de les suivre en se laissant porter.
Le pianiste ( Grégoire Letouvet) passe au clavier électrique, le contrebassiste ( Alexandre Perrot) de l’archet au pincement percussif des cordes, le violoniste ( Mathias Lévy)du pizzicato d’accompagnement à l’envolée soliste et à la guitare. Et le bandonéon brillant et habile parle, soupire et respire entre eux, se plaint ou gémit. Il porte souvent les mélodies mais elles circulent également sur les autres instruments. Les arrangements sont clairs et tricotés avec brio. Sans cesse renouvelés.
Et nous voici dans les rues de Buenos Aires, de nuit, avec les bruits du quotidien, et des effluves de tango sortant des maisons et des bars, par bouffées, par rengaines.
Par instant la musique se fait simple et émouvante avec un duo amoureux entre le bandonéon et un violon magnifique ou un solo impressionniste et délicat au piano. A d'autres moments, elle peut sembler un peu plus boursoufflée avec des rajouts que l'on peut penser inutiles ou ostentatoires. Petites scories que l'on oublie vite tant le reste est fort et audacieux.
Le concert se clôt avec une réinterprétation novatrice de l'incontournable Libertangoet un rappel dans les cornes de brumes et le ressac de la mer.
Louise Jallu et son quartet de haute volée, nous a pris par la main et l'oreille montrant avec brio toute la valeur moderne du tango, une musique non figée, sans bornes, sans frontières, qui peut se permettre de voyager, s'harmoniser avec l'imprévu et l'improvisation..
Le défi est largement relevé.Chroniques parue aussi sur https://blog.lagazettebleuedactionjazz.fr/

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