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Billet de blog 3 sept. 2019

Jesus forever 2

Au-delà de la désaffection qui touche les pratiques religieuses censées s'inspirer de lui, il est surprenant comme la personne de Jésus, elle, continue d'intriguer, sinon d'intéresser, tout un chacun dans notre société, pourtant dûment formatée et canalisée par le dogme d'une science objective, théoriquement seule garante du vrai...

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De fait, l'esprit scientifique tel qu'il a colonisé notre monde, c'est-à-dire la démarche qui prétend que tout (la vie, la conscience, l'univers) pourrait s'expliquer comme produit de la matière seule, se fonde sur un a priori parfaitement arbitraire, et si, certes, une telle science a pour elle d'être terriblement efficace, cette même efficacité est aussi ce qui la condamne, en ce que son développement ultime est de nous affirmer que nous ne serions donc que des machines, ce à quoi le simple bon sens ne peut tout simplement pas adhérer, ou mieux qui déclenchera une tempête d'hilarité, chez ceux pour qui c'est encore possible. Comment, en effet, avoir encore le goût de vivre, si notre libre-arbitre n'est qu'une illusion, si nos pensées ne sont qu'illusions, si nos sentiments ne sont qu'illusions, si nos sensations ne sont qu'illusions, si le monde n'est qu'illusions, si notre existence n'est qu'illusion ? Comment peut-on prétendre ramener ainsi le sujet à un objet ?

De l'autre côté, cependant, ceci ne justifie pas non plus que nous devrions croire ce que nous disent les religions, sans autre forme de procès. Si nous contestons la croyance matérialiste, ce n'est pas pour la remplacer par une autre croyance. Il ne s'agit pas de croire, en quoi que ce soit ; il s'agit de savoir, par soi-même, d'expérience :

Mais ce n'est pas seulement pour l'office du sabbat, et lors de l'étude avec les pharisiens, que Yeshoua pense à YHWH. À l'atelier, au travail, à la maison, aux repas, même la nuit, en dormant, ses pensées y reviennent sans cesse. C'est sa nourriture, "l'homme ne vit pas seulement de pain" aime-t-il répéter en de nombreuses occasions. Aussi, lorsque enfin tout son petit monde est casé, qu'il peut se permettre de penser un peu à lui, se met-il en tête d'aller voir un homme dont on parle beaucoup depuis quelques temps. Ce Yehohanan est en train de gagner le cœur du peuple, en annonçant que le Royaume est tout proche. C'est un homme droit, qui n'a pas sa langue dans sa poche ; qui sait, peut-être même est-il le Messie ? Yeshoua veut aller le voir pour se rendre compte par lui-même, et, s'il est convaincu, sans doute se mettra-t-il à son école, il deviendra son disciple. Ses maîtres pharisiens l'encouragent vivement dans ce projet. Yehohanan, en effet, bien qu'on le dise fils de prêtres, sape l'autorité des sadducéens, en affirmant qu'on peut obtenir le pardon de ses péchés par le rite du baptême qu'il administre, sans être obligés de passer par l'institution du Temple. Alors Yeshoua confie la direction de l'atelier, et la charge de chef de famille, à son frère cadet, Yakoub, et, l'esprit en paix et la conscience tranquille, le cœur léger et battant un peu plus fort que d'habitude, il se met en route en direction du Yordan.

Il contourne tout le lac de Kinneroth, vers le sud, avant de trouver le fleuve qui en est issu et de descendre sa vallée. Yehohanan ne se tient pas toujours au même endroit, mais il est là, quelque part sur les rives, pour administrer son baptême. C'est un voyage de quelques jours, à pied. Tout en marchant, Yeshoua admire les paysages qu'il traverse, et peu à peu, sans qu'il s'en rende compte, un grand sentiment de liberté l'envahit. C'est comme si des nuages s'étaient dissipés, une brume s'était levée, et qu'on se rend compte, à un moment, que le soleil est là. C'est tout le poids de ses responsabilités passées qui est parti. Elles ne lui avaient pourtant pas pesé, tant qu'il les assumait, il ne s'attendait pas à ce sentiment de légèreté, de paix, qui vient l'habiter. En chemin, il engage la conversation avec les habitants qu'il rencontre, les voyageurs qu'il croise, avec cette même impression d'une grâce qui aurait décidé de toucher tout ce qu'il fait. Il y a une clarté dans ces quelques échanges, une transparence, comme si des cœurs amis qui s'ignoraient auparavant se trouvaient réunis. C'est une expérience un peu bizarre, mais peut-être est-ce aussi la nouveauté de sa situation qui lui fait cet effet ?

Et c'est presque avec surprise qu'il finit par découvrir, un jour, après un des nombreux méandres du fleuve, le campement de Yehohanan. Il s'arrête un moment, éprouvant le besoin de se rappeler pourquoi il est venu ici, pourquoi il a voulu y venir. Cette vie qu'il a menée ces quelques jours n'a-t-elle pas été comme un petit paradis ? que demande-t-il de plus, y a-t-il autre chose à trouver ? n'était-ce pas déjà, un petit peu, comme s'il vivait dans le Royaume ? Alors il réalise que ce n'était qu'une parenthèse, un cadeau du ciel, mais qui ne pourrait pas durer. C'est un signe qu'il a reçu, qui lui dit qu'il a eu raison d'entreprendre cette démarche, que c'était bien ce qu'il devait faire, et il rejoint alors les autres gens venus pour le prophète, il se mêle à eux, et se met à écouter et observer avec attention.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas déçu ! ça valait vraiment le coup ! C'est en fait une nouvelle expérience inédite, qu'il fait ce jour-là. Yehohanan est bien tel qu'il en avait entendu parler, tel qu'il se l'était imaginé. Son discours est à la hauteur de ce qu'on lui en avait dit, mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est la réalité d'une présence, la force d'une parole, venant d'un homme réellement saisi par Dieu ! À notre époque d'aujourd'hui, on pourrait comparer avec la différence entre une musique enregistrée et un concert. Ce n'étaient que des idées, jusqu'à présent, pour Yeshoua : le Messie qui va venir, le Règne qui s'approche, et jusqu'à toute l'histoire de l'alliance de YHWH avec son peuple. Il y croyait, bien sûr, mais comme à des vérités un peu lointaines. Après tout, il n'a pas vécu, lui, au temps d'Abraham, ni au temps de Moshé. Il savait que YHWH leur avait parlé, à eux, et aux prophètes, mais c'est toute la différence entre les descriptions et la réalité vivante qui lui saute à la figure. Yehohanan lui rend présent, matérialise pour lui, ce qui n'était encore jusque là dans son esprit que des pensées. Il croyait, maintenant il sait. Et il est, littéralement, subjugué !

(to be continued)

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