Oui, j’ai un doute. Un seul ?

Quand le Je solitaire devient totalitaire. Que l’esprit s’épuise, se vide et s’égare. Solidaire. Une seule lettre oubliée et tout peut changer.

Je veux bien croire – encore que… Oui, j’ai un doute, et de grande densité.

En la capacité des uns et des autres, à leur ferveur au travail, à leur fébrilité de fourmis, dans les ministères, les cabinets, les couloirs, les coulisses…

Ces petites mains besogneuses, serviles, à construire, élaborer tous ces dossiers, de réformes.

Ces réformes qui tombent dru comme les giboulées de grêle au printemps. Et quel printemps ! Couleur d’hiver éternel.

Je veux bien croire… Mais, honnêtement, rationnellement, raisonnablement…

En si peu de temps ? Ils sont si nombreux ? Cachés ? En souterrains ? Dans l’ombre ?

Parce que, sincèrement, l’on nous dit que c’est normal. Important même !

De s’atteler à la concrétisation d’un programme politique, présidentiel, dès la montée au trône. La prise en main du gouvernail. Vite, très vite. A l’ouvrage, messieurs dames.

A l’ouvrage. C’est maintenant. Ou jamais.

L’oublier serait une trahison. De promesses ? De programme ? Euh… Je peux dire, dommage ? Oui, dommage. Que ce jeu des mots dits et trahis soit si enfantin et infantile. Le Jeu des Je dis Je fais ?

Diablerie des comptes. A dormir debout.

Les sept nains, peut-être ? Dans la forêt ? La sombre forêt des dossiers, des coupes à préparer ? Pour tailler, tailler encore…

Les lutins du père Noël ou ceux du père fouettard ? Pas les mêmes cadeaux, je crois. Je suis sûre, sept fois. Quoique…

Mais depuis combien de saisons sont-ils là ? Ah ! Les contes et comptes.

Il était une fois, aujourd’hui, en même temps. Parce que les dossiers, qui tombent, les uns après les autres, de jour comme de nuit, à vous donner le tournis !

Ôtez-moi d’un doute… Venus d’un éternel avant, dans les coulisses de l’autrefois ?

Pour détruire ou construire ?

Parce que si c’est pour détruire… Là, oui. Ca peut aller vite. Et ça va très vite. Couper. Tailler. Casser. Ecraser. Eborgner. Foudroyer…

Mais bon, soyons logique. Pour construire. Il faut réfléchir. Non ? Réfléchir à un projet. Ah ! Mais oui. Un projet. LE PROJET. Venu des dossiers. Du jeu des Je dis Vous obéissez ?

Mais, détruire n’est pas un projet. Si ?

Ou bien ? C’est le grand ouvrage du grand nettoyage. Nettoyer le terrain avant de construire ? Construire quoi ? Mais où sont-ils les plans de la construction ? Cachés ?

Dans la sombre forêt. Dans l’ombre. Le noir des cauchemars. Quand il n’y a plus rien. Plus rien à voir. Plus rien à penser. Plus rien à rêver. Plus rien à se souvenir. Du temps passé. Trépassé ?

Et l’on doit croire en un président qui prépare un projet de destruction qui s’appelle construction ?

Ah ! Mais non. Suis-je bête. C’est une révolution. Un Je révolutionnaire.

Un mouvement d’ensemble. Pour une ouverture. Une respiration ?

Non ? Non. Un Je pour tous.

Tous à l’ouvrage. A l’ombre du grand reformatage.

Changement de définition. Révolutionner. Réformer. Remettre en forme. Les mots. En abus et tromperie de sens.

En forme de quoi ? Non mais, vraiment. C’est une vraie question. La forme. Olympiade.

Une boule ? Un boulet. Un boulet de canon ? Mais… Mais… Les canons sont déjà au musée, non ? Des dossiers. Des dossiers comme des armes. Des armes en dossiers… Des mots comme des balles. Un ballet de mots sales.

Une pâte à modeler. C’est ça. Une pâte à modeler. A modeler les esprits. On peut les modeler les esprits ? Sont pas invisibles les esprits ? Si malléables les esprits ? Esprit es-tu là, la la… Un Je, vous dis-je. Insaisissable.

Sabler le champagne. Des rois du Je. Sabler donc.

Un seul grain de sable… Pourtant.

A modeler les corps, alors. Les corps en un corps. Une seule tête. Des petits soldats.

Oh ! Mais. Mais, c’est dangereux tout ça.

Les petits soldats de plomb ? Un jeu. Encore ? De chef. Chef de guerre.

Un jeu d’enfant. D’enfant de troupe. Un jeu solitaire et grandeur nature. Sans se salir. Les mains. Jeu de vilain.

Non mais, Je délire. A lire toutes ces inepties. Je doute. Le doute. Qui devrait faire avancer. La pensée.

La destruction de la pensée. Oui, c’est ça. Détruire la pensée. Mais on peut ça ? Détruire la pensée ? La formater. La maîtriser. La soumettre. L’inactiver ?

Sans pensée, pas de vie, pas d’humain. Ou alors ?

Ah ! Mais oui. Un seul. Pour tous. Un seul qui pense. Et les autres qui obéissent. Un Je solitaire, un Je totalitaire.

Mais ça ne peut pas fonctionner ! Si jamais le seul qui pense, pense mal ou à mal.

Voilà pourquoi le projet de destruction. C’est plus clair à présent. Lassitude et caprices du joueur en solitaire !

Juste un défaut de réflexion. Du miroir aux alouettes. Qui ont disparu. Un défaut de lumière. Un mauvais éclairage.

La révolution c’est pour libérer les esprits. Libérer la vie. Pas l’écraser, l’anéantir.

Le grand joueur de soldats de plomb. Qui n’en fait qu’à sa tête. Trop pleine de plomb. Du plomb dans la cervelle. Du plomb dans les semelles. Pour avoir les pieds sur terre. Jupiter !

Qui tient le ciel à la marelle ? En un pouvoir qui se croit divin.

Qui en oublie la terre et ses Je de grains solidaires.

Qui oublie, oublie… Qu’il n’est qu’homme.

 

Simple mortel. Simple humain. Pauvre humain.

A ne pas oublier. A ne pas en douter. Sept fois.

 

 

 

 

 

 

 

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