Oui, le prix fort, de nos vies.

Comment s’y retrouver, comment se retrouver, se trouver. Comment… Oui, comment. Dans ce foutu monde en délire. Foutu, pas encore, mais tout comme.

Oui, le prix fort, de nos vies.

 

Comment s’y retrouver, comment se retrouver, se trouver. Comment… Oui, comment.

 

Dans ce foutu monde en délire. Foutu, pas encore, mais tout comme.

Dans le quel nous sommes, ici, ailleurs, partout.

Où que je pose mon regard. Où que j’interroge. Où que je sois.

En toute conscience, pas aveuglément.

Oui, ce monde en délire.

Délire de souffrances, de mépris, de violences, d’insouciance, d’égotisme, de fausses croyances, de destructions, de coupables fascinations, lâchetés, cruautés, déshumanisation galopante…

Turbulences émotionnelles, confusions sémantiques, inconsistances de la pensée, trahison des mots, malsaines déloyautés…

La liste est longue, longue comme un jour sans pain.

 

Sur le fil. Le fil, rouge de sang, rose d’espoir, blanc de froid. Le froid des morts.

Mort des hommes, mort partout. Des arbres, des maisons, des terres, de notre terre.

Non. LA terre. La terre qui nous vit et nous meurt.

Bleue ou rouge ou jaune ou verte. Poétique, énigmatique.

Pourquoi serait-ce déjà écrit ? Pour se sentir libre de détruire ? Laisser les charognards se goinfrer ?

Définitivement ? Qui sommes-nous pour accepter impunément cette inexorable issue ?

 

Il va en falloir des souhaits pour résister, pour exister, pour se sentir exister…

 

L’issue ? La révolution ? Non, je ne parlerai pas de révolution. Je ne parlerai pas de ce que je ne connais pas. Je ne parlerai pas de ce qui m’échappe. Je ne parlerai pas en lieu et place de... Non.

 

Et pourtant, j’aimerais entendre, j’aimerais sentir, j’aimerais…

C’est ça, oui. C’est juste ça. Les souhaits.

Les souhaits. Les vrais, les estimables, les impensables forces, de vie, de respect, de conscience d’être là, comme un cadeau à chérir, de goûter aux saveurs du sensible, du beau, du vrai, du juste, du sens, des-sens.

J’aimerais… J’aimerais tant.

Que ce fil résiste. Comme le roseau qui ne rompt pas.

J’aimerais que dans ce combat vers le pire, quand je sais que tant et tant d’hommes, de femmes, d’enfants sont déjà meurtris, anéantis, ensevelis… Ce combat pour qu’émerge le meilleur d’entre nous, le sursaut d’humanité, le sursaut de l’envie de vivre et non de survivre, nous assaille.

Que ce seul désir de vie nous porte, nous résiste, nous élève, nous rende à notre humanité.

 

Non, ça n’est pas un sermon. Oh ! Que non.

Un désir, juste un désir. Un insolent désir du mieux, rien que du mieux, d’un peu, beaucoup, si peu… D’un mieux.

Pour tous. Toutes et tous.

Pour que le soleil se lève encore, devant nous, qu’il se couche encore, devant nous.

Pour que le sang circule dans nos veines, encore.

Pour que la pensée se libère, encore.

Pour que les enfants dessinent et s’inventent leur monde, de couleurs, de formes tarabiscotées, si touchantes, si émouvantes d’un devenir, humain, de soif d’apprendre, de créer, de grandir, encore…

Pour que les vingt ans connaissent les troubles des amours en transgression, en inventions de caresses, de tendresse, d’émotions, encore…

Pour que les aînés connaissent la soif d’une vie en intensité de journées désormais comptées, encore et toujours…

Pour que les poètes alimentent à l’infini la douceur et la fragilité des lignes de vie,

Pour que les danseurs subliment la vitalité des corps, épousent le mouvement et la grâce des humeurs

Pour que les peintres ouvrent en vigueur l’é-mouvance du regard, la fébrilité des sens, l’intelligence, et parfois, la cruauté sensible de nos perceptions.

Pour que les mots soient porteurs de sens, de raison, de sensibilité, de justesse, d’ouverture, d’intelligence, d’humanité, encore et encore…

Pour que la bêtise, la crétinerie, la haine, l’absurdité néfaste des égos surdimensionnés puissent s’enfuir, s’enfouir, se réduire, se taire, se tapir au fond, au fin fond d’une vastitude des maudits horizons.

J’aimerais, oui, j’aimerais.

Un souhait, un véritable et sincère souhait animant les petites et vigoureuses flammes de nos résistances en humanité.

Un souhait intense, qui dit la vie. Qui nous est chère, dit-on ?

A penser, à défendre, à aimer, à vouloir… Plus que jamais.

 

Oui, le prix fort, de nos vies.

Toujours et encore.

 

 

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