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Billet de blog 26 sept. 2014

Financement de la filière numérique, une priorité qui s'organise

Lundi 15 septembre, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron et la secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire, ont ouvert les assises du financement et de l’investissement. Ce rendez-vous a non seulement permis de faire le tour des différentes propositions faites aujourd’hui aux entreprises en termes de financement mais il a également témoigné de l’importance de la filière numérique dans notre économie. À l’heure où l’investissement bancaire est en panne, vers quelle source de capitaux peuvent se tourner les acteurs de cette « nouvelle économie » ?

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Lundi 15 septembre, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron et la secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire, ont ouvert les assises du financement et de l’investissement. Ce rendez-vous a non seulement permis de faire le tour des différentes propositions faites aujourd’hui aux entreprises en termes de financement mais il a également témoigné de l’importance de la filière numérique dans notre économie. À l’heure où l’investissement bancaire est en panne, vers quelle source de capitaux peuvent se tourner les acteurs de cette « nouvelle économie » ?

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La branche numérique repart à la hausse

L’écosystème numérique français est riche qu’on se le dise. Avec des cerveaux formés dans des écoles parmi les meilleures au monde, la France est un terrain fertile où les porteurs de projets et autres start-ups du numérique se lancent un peu plus nombreux chaque jour dans l’aventure de l’entreprenariat. Si le secteur avait connu une légère baisse d’activité entre 2012 et 2013 (-0,2 %), 2014 est une année en positif puisqu’on attend une croissance qui devrait atteindre 1,1 % d’après l’association Syntec Numérique. Le cabinet de conseil McKinsey & Company met en avant dans son rapport « Impact d’Internet sur l’économie française » l’importance que joue désormais Internet dans l’économie française en chiffrant la contribution du secteur dans le PIB et dans l’emploi. « Si elle parvient à atteindre « la maturité numérique » des cinq premiers pays de l’OCDE, la France peut aller plus loin que ne lui promettent les projections à horizon 2015 (…) elle pourrait ainsi porter à 160 milliards d’euros, d’ici 5 ans, la contribution d’Internet au PIB »,  prévoyait le cabinet en 2011.

Le gouvernement français a depuis longtemps redoublé d’effort pour donner l’impulsion nécessaire à la filière numérique afin que cette dernière puisse se développer et la France de profiter ainsi de ses perspectives économiques. On recense en effet 700 000 emplois créés dans le domaine numérique en 15 ans. La French Tech exporte plus facilement et son potentiel de croissance est supérieur à tout autre type de société. Axelle Lemaire a présenté début septembre en Conseil des ministres une feuille de route censée favoriser le déploiement des acteurs du numérique en France. « Je souhaite que l’on mette en avant notre « République numérique », un environnement qui favorise l’innovation dans le respect de nos valeurs, avec des objectifs d’inclusion des territoires et d’égalité sociale. » déclarait alors la secrétaire d’État. Les intentions sont bonnes, nul doute. Les mesures proposées doivent cependant dépasser le stade des belles paroles pour concrétiser des ambitions souvent paralysées par un système de financement en panne. 

Start-up cherche investisseur

Comme toujours, l’argent est le nerf  de la guerre, la filière numérique ne fait pas exception. Pour un Meetic ou un Dailymotion qui ont réussi à transformer leur société en véritable pépite internationale du web, combien de jeunes pousses bataillent pour faire vivre leur projet en espérant récolter les fonds nécessaires à la poursuite de leur activité ? Les entreprises innovantes de l’Hexagone se retrouvent régulièrement confrontées à des barrières qui les empêchent d’accéder au financement. Avec une tendance à recourir majoritairement aux banques, ces entreprises font face à des interlocuteurs fragilisés par la crise de 2008, de plus en plus frileux lorsqu’il s’agit d’accorder des crédits et devant répondre aux nouvelles réglementations strictes de Bâle III. Si la France ne veut pas laisser mourir sa filière numérique ou la voir s’envoler à l’étranger, il est donc essentiel de donner les moyens à ces start-ups d’être en mesure de diversifier leur approvisionnement en capital en ayant la possibilité de faire appel à tout un panel d’options. « L’objectif de ces assises est de trouver des financements alternatifs pour accompagner les entreprises dans certaines périodes critiques de leur vie », assurait Emmanuel Macron lors de l’ouverture des assises du financement et de l'investissement.

Au niveau du financement public, les acteurs du numérique peuvent compter sur le soutien de la Banque Public d’Investissement (BPIfrance) qui fait figure de partenaire privilégiée en multipliant les investissements pour insuffler de la croissance dans la « nouvelle économie ». BPIfrance a ainsi injecté 930 millions d’euros dans la filière numérique en 2014. Pour renforcer l’action de BPIfrance, le Fonds National d’Amorçage (FNA) a vu le jour dans le but d’investir dans les entreprises innovantes, la plupart du temps dans des secteurs à dominante technologique. Avec une enveloppe de 600 millions d’euros, le FNA souhaite « participer au financement de ces entreprises dans les premières phases de leur vie et en accompagnant leur croissance ». En quête de fonds, la French tech peut également se tourner vers le CICE (Crédit Impôt compétitivité emploi) qui vient d’être doté de plus de 2 milliards d’euros de préfinancement.

EnterNext, le financement alternatif créé par Dominique Cerutti

Les actions des pouvoirs publics en faveur du numérique sont certes importantes et traduisent la considération d’un gouvernement au fait de son époque mais les financements engagés sont loin de couvrir la totalité des besoins en fonds de la filière. C’est pour pallier ce manque de capital auquel se heurte ces PME, qu’EnterNext, filiale d’Euronext, a été lancée l’année dernière sur une initiative de Dominique Cerutti. Place boursière dédiée aux PME, EnterNext permet à des entreprises de petite taille d’accéder aux marchés financiers et de lever les fonds nécessaires à leur développement. Séduisante sur le papier, EnterNext remplit son pari « Depuis sa création en mai 2013, nous avons enregistré 47 introductions en Bourse (10 sur le compartiment B, 19 sur le compartiment C et 18 sur Alternext) sur nos quatre places européennes, pour un total levé de plus de 1,8 milliard d'euros. Cette vague d'IPO est aussi remarquable par sa diversité sectorielle: sociétés industrielles, cleantechs et technos sont présentes », constate Éric Forest, PDG D’EnterNext.

Si les marchés financiers répondent de manière efficace aux demandes d’entrepreneurs en mal de financement, le crowdfundig est également à la mode et attire de plus en plus d’investisseurs et de porteurs de projets. Grâce à la multiplication de plateformes prévues à cet effet, Internet et le modèle de mise en relation directe permettent à des bonnes idées de se faire connaître et de se concrétiser. « Le financement participatif donne du sens à l'argent des gens » selon Nicolas Lesur, à la tête de la plateforme de financement participatif Unilend, avant de continuer « le crowdfunding, actuellement, c'est comme le e-commerce en 1998. C'est une pratique à la croissance très forte, qui va devenir un réflexe, sur laquelle il est encore possible d'empêcher un scénario de monopole anglo-saxon à la Google. C'est une course de vitesse dans laquelle les acteurs du crowdfunding français sont engagés, et prêts à devenir les leaders du secteur en Europe ».

La cohérence au sein du gouvernement est de mise lorsqu’il s’agit de parler d’investissement dans le numérique. Loin d’être suffisante, l’action des pouvoirs publics pour dynamiser cette écosystème jouit néanmoins d’un nouveau renfort venu des acteurs du financement privé. Ces efforts en matière économique, enrichis par la montée en puissance d’incubateurs de renommée internationale, tel la Halle Freyssinet, ont des répercussions qui vont bien au-delà du secteur numérique et vont au final renforcer la compétitivité de la totalité du tissu économique français. 

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