Économie et démocratie

Contrairement à ce que prônent les gouvernements, c’est un élargissement de la démocratie qui permettra de faire au mieux face à des crises comme celle du coronavirus

Dire que la démocratie n’est pas un état des choses, mais un processus, n’est pas une grande et nouvelle idée. Et les démocraties occidentales auto-proclamées ont justement figé la démocratie en affirmant qu’elles en étaient l’alpha et l’oméga, qu’il n’y avait qu`à suivre leur modèle pour assurer que le peuple était au pouvoir, avec des élections régulières, l’alternance au pouvoir et la liberté d’expression.

Un mensonge répété mille fois peut devenir une vérité, mais il peut aussi attirer le regard sur ce qu’il prétend cacher. L’alternance au pouvoir se révèle de plus en plus clairement être ce qu’elle est vraiment, un système de monopartisme concurrentiel, où les différentes fractions du parti du capital se font face en prétextant toutes défendre le bien commun, tout en maintenant les bases du système social telles qu’elles sont, et surtout loin du débat public.

Dans une grande crise comme celle que nous vivons, des illusions se créent et d’autres se défont, souvent symétriquement. L’illusion que nous sommes tous égaux devant l’épidémie, et surtout que, à partir de cette perception, nous pourrions tous nous unir pour un monde plus juste, est ainsi le pendant de la découverte d’une perte de contrôle de la part du collectif sur les choix décisifs de notre société.

La tendance des gouvernements est assez claire: centralisation politique, renforcement des exécutifs face aux parlements, limitation des droits de manifester. Et pourtant, ce dont nous avons besoin est justement le contraire: plus de démocratie, en particulier dans le domaine économique, où ceux qui travaillent savent mieux que quiconque ce qui doit vraiment être fait, ce qui est urgent, où les décisions les plus importantes, que ce soit contre une épidémie ou contre la crise climatique, sont prises.

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