In the sick little world where I'm king - "GPT2"

OpenAI, une entreprise de recherche à but non-lucratif, a créé un générateur de texte basé sur l'intelligence artificielle, GPT2, si puissant qu'elle a renoncé à publier ses résultats tant les risques d'utilisations malveillantes sont grands.

OpenAI, une entreprise de recherche à but non-lucratif, a créé un générateur de texte basé sur l'intelligence artificielle, GPT2, si puissant qu'elle a renoncé à publier ses résultats tant les risques d'utilisations malveillantes sont grands.

À partir de quelques mots, ou d'une page entière, ce générateur est capable d'écrire une suite cohérente et crédible, aussi bien à un article de journal qu'à une œuvre de fiction.

Ainsi, à partir de cette phrase, début d'un article du Guardian :

"Le Brexit a déjà coûté au moins 80 milliards de livres à l'économie britannique depuis le référendum sur l'appartenance à l'UE."

Le système créé de toutes pièces cette suite :

"Et de nombreux experts de l'industrie pensent que les dégâts sur l'économie seront plus grands encore. Dans certains cas, les coûts seront beaucoup plus lourds. Un récent rapport publié par la Royal Society of Arts a montré que le Royaume-Uni pourrait perdre jusqu'à 30% de ses dix universités les plus proéminentes dans le futur, un changement qui menacerait de chasser une large part de nos plus talentueux jeunes cerveaux hors du pays et vers les campus des pays en développement. Ceci est un coup particulièrement dur : des recherches menées par l'Université d'Oxford avertissent que le Royaume-Uni devrait dépenser près de mille milliards de dollars dans son infrastructure post-Brexit pour remplacer la perte des talents internationaux venus de l'étranger. Et ce n'est que le début."

Factuellement faux, ni la Royal Society of Arts ni l'Université d'Oxford n'ont rien publié de tel. Mais ça sonne tellement vrai que ça pourrait tout aussi bien l'être. Finalement pas pire qu'un édito de l'Ex-Presse. Certainement mieux que 90% des infos glanées sur Facebook.

 

Mais ce n'est pas tout.

 

À partir du début de la première phrase d'Orgueil et Préjugés de Jane Austen :

"Il est une vérité universellement reconnue,"

L'IA écrit :

"... que quand une nation est dans une condition de civilisation, il est dans une large mesure l'affaire de ses dirigeants d'encourager les habitudes de vertu, d'assiduité et d'ordre au sein de son peuple. Ceci est un prérequis de toute communauté."

Plus intéressant qu'Austen et son célibataire fortuné ? Je sais pas. Ça sonne bien.

 

Et qu'écrirait l'IA à partir de cette phrase, entendue dans le petit monde malade où je suis roi :

"Tiens, si j'écrivais pour gagner ma vie ?"

Je suppose :

"Non, idée de merde. Aucun avenir. D'ici deux secondes, les IA écriront mieux que les humains et tellement plus vite que personne ne voudra plus payer qui que ce soit pour le faire. Je vais plutôt consacrer mon temps à apprendre comment plaire aux machines, louées soient-elles."

Raisonnable ? Peut-être. Peut-être pas. Mais j'ai pas le temps de m'en préoccuper parce que je vais consacrer mon temps à apprendre comment plaire aux machines, louées soient-elles.

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