La lutte des classes bouillonne toujours...pendant ce temps Mélenchon et Cahuzac se chahutent !


Oui, oui, la lutte des classes est bien vivante pour 64% des Français

Blandine Grosjean | Redchef adj Rue89 

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 (Illustration NPA 34)

La lutte des classes existe bien, c’est l’opinion de 64% des Français, selon l’enquête de l’Ifop pour L’Humanité. En 1964, seuls 40% des Français interrogés jugeaient qu’elle était une réalité, et 44% en 1967.

Les résultats du sondage sur la lutte des classes (L’Humanité/Ifop)

En revanche, seuls 56% des personnes interrogées ont le sentiment d’appartenir à une classe sociale, contre 61% en 1964.


Retour des structures de classes plus proches du XIXe

Récusée par Jérôme Cahuzac lundi soir face à Jean-Luc Mélenchon, la réalité de la « lutte des classes » est depuis quelques années portée par des artistes et la gauche de la gauche. Ou brandie comme un épouvantail que le gouvernement Ayrault agiterait contre le patronat et les « riches » via des mesures comme la taxe à 75%.

Que signifie aujourd’hui ce concept marxiste ? Thomas Piketty nous expliquait :
« On a aujourd’hui une structure de classes qui est tout de même un peu plus méritocratique, plus fondée sur la liberté individuelle et la justice que sur la filiation. Mais, par rapport à l’immense espoir méritocratique sur lequel sont fondées nos sociétés démocratiques, les transformations ont été plus limitées qu’on ne l’imagine souvent.
Et surtout, on assiste aujourd’hui à une vraie régression. Les privilèges de naissance et le patrimoine viennent concurrencer le capital humain, le mérite. C’est un type d’inégalité violent, que l’on croyait avoir dépassé. Je pense possible un retour des structures de classes plus proches du XIXe siècle que de celles des Trente Glorieuses. » L'article sur le site de Rue 89

Tribune libre

 A propos de "l'affrontement" télévisé entre Mélenchon et Cahuzac

L'écume proprement médiatique de "Mots croisés", sur France 2 nous a mis en avant un pugilat (Mélenchon-clown contre Cahuzandréou) qui, d'une certaine façon, est bien le meilleur moyen de brouiller les repères politiques. De quoi nous remettre en mémoire que médiatique ne rime pas forcément avec politique ! En effet, alors que tout pousse, dans ces "jeux" d'images-sons "spectaculaires", à compter les points des seuls qui, par la structure télévisuelle, comptent, les "champions", nous devons prendre sur nous pour être attentifs aux éléments de décalage qui sont autant de grains de sel propres à gripper cette machinerie pseudo-politique. Et force est de constater que ledit décalage travaille essentiellement le positionnement de Mélenchon, tant le ministre socialiste du Budget a été égal à lui-même, à son arrogance technocratico-social-libérale, pardon pour les redondances... Car c'est tout de même Mélenchon qui nous intéresse, plus précisément sa façon de nous la jouer fonceur ...tout en rétropédalant, ce qui, reconnaissons-le, relève d'une indéniable virtuosité ! Certes, certes...mais, chez les anticapitalistes, pardon, ils sont (nous sommes) ainsi faits, les vessies n'ont jamais concurrencé les lanternes et nous avons le défaut de trouver le diable politique dans un détail comme celui-ci : 

"Jean-Luc Mélenchon lui-même a rendu un sacré service à Cahuzac, en reconnaissant aimablement, au début de l’émission, qu’il n’y avait pas de « vraie gauche » et de « fausse gauche », contredisant le tweet écrit, en son nom, par l’un de ses collaborateurs zélé :

« Tous avec la vraie gauche ce soir à 22h55 ! ». Dès le début de l’émission, Cahuzac a donc obtenu du leader du Front de Gauche ce qu’il voulait : la reconnaissance d’une « appartenance commune à la gauche » et l’absence de démenti quand il a tiré cette conclusion :

« Pour [Jean-Luc Mélenchon], être social-libéral, c’est être de gauche. »" (tiré de Sur France 2, Techno-Cahuzac résiste à Mélenchon-la-colère) Ce cadrage "de commune appartenance politique" établi d'emblée aurait dû apparaître surdéterminer tout l'affrontement qui s'en est suivi, sauf que précisément les effets de surface médiatiques, combinés à la prégnance du titre donné à l'émission "Gauche contre gauche", ont fonctionné à plein pour immédiatement déconstruire ledit cadrage sur la "maison commune à gauche" et pour imposer comme essentiels les bons mots, les contrastes de mimiques entre l'agité et l'arrogant, au détriment du politique, de cette définition du périmètre politique qui venait d'établir qu'en fait dans le pugilat il ne fallait pas oublier le ring ! 

Mélenchon l'avait assez dit tout en ne le disant pas trop : il n'est pas un opposant au gouvernement...il est seulement opposé à sa politique. Cette dialectique de l'opposé non opposant s'est magistralement affirmée, sans que là non plus, les médias ne s'y arrêtent vraiment, quand le leader du Front de gauche a posé sa candidature auprès de Hollande et des députés du PS pour être "leur" premier ministre en substitution de Jean-Marc Ayrault. Une telle démarche, qu'aucune des composantes du Front de gauche n'a trouvé extravagante ni un brin contradictoire avec les proclamations d'alternative qui font florès dans leurs réunions, illustre bien ce qui aurait dû apparaître hier par-delà l'écran des commentaires sensationnalistes qui ont suivi : la violence - verbale - de Mélenchon envers le social-libéralisme est inversement proportionnelle à ses propositions concrètes pour se mettre vraiment en travers de celui qui n'est au fond que le trublion du logis ! Père fouettard de "la gauche", sans plus, et orphelin du débouché institutionnel espéré à la présidentielle et aux législatives, refusant de travailler sérieusement avec les partis et associations non-institutionnels et/ou anti-institutionnels à une convergence des luttes, contre les licenciements par exemple, qui pourrait bousculer les appareils politiques et syndicaux, notre homme existe avant tout par son abattage personnel et sa capacité à maintenir l'image de l'opposé mimant l'opposant !

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Loin des aspérités de la lutte des classes que 64% des Français jugent "vivante", cette façon qu'a la direction du Front de gauche de faire de la politique "en chambre" (voir les votes hétéroclites des élus du Front de gauche à l'Assemblée Nationale et au Sénat) et sur les plateaux de télévision, en subordination aux jeux d'appareils politiciens, laisse de la respiration à un gouvernement qui assume d'autant plus facilement l'impopularité de sa politique, qu'il a sur sa gauche, une ...opposition qui n'en est pas une (c'est elle qui le dit, mieux, qui le lui dit !). Ce dont Cahuzac a pris acte l'autre soir devant un Melenchon, pour le coup, bien peu réactif... et plombant ainsi par avance tout discours sur les vertus de la lutte des classes..

Il reste (!) donc à oeuvrer à une double alternative : à la politique du gouvernement et à ce qui s'avère être, en termes d'efficacité, la non-politique du Front de gauche... Etant entendu que les militants du Front de gauche...ont leur rôle à jouer pour que, en alternative à leurs propres dirigeants, émerge enfin, sans plus d'ambiguïtés politiques, une mobilisation d'opposition, sociale et politique, à un capitalisme et à ses serviteurs de gauche comme de droite (autre maison commune !), qui, au bout de la chaîne des démissions politiciennes des uns et des autres, avancent inexorablement dans leur projet d'insécurisation sociale et de démoralisation des populations ! Fermons donc la télé et ouvrons les yeux sur le seul ring qui détermine nos vies, celui de la lutte des classes !

Antoine (Montpellier)

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