Ne caricaturons pas la Catalogne, c'est l'Espagne qui se caricature...

"L’essence du mouvement indépendantiste de Catalogne est profondément démocratique: il repose sur la volonté d’une vaste majorité des Catalans, indépendantistes ou pas, de pouvoir décider du futur de la Catalogne. Les citoyens catalans continueront de défendre trois droits et libertés fondamentales bafouées en Catalogne: la liberté de manifestation, la liberté d’expression, et le droit de vote."

FIGAROVOX/TRIBUNE - Daniel Camós, délégué de la Généralité de Catalogne en France, réagit à une chronique du Figaro critique sur l’indépendantisme catatan. Il présente le point de vue des autorités de la communauté autonome sur le conflit qui l’oppose au gouvernement espagnol.

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Près de 80% des Catalans demandent que cesse la judiciarisation d’un conflit politique et souhaitent la libération immédiate des élus qui risquent jusqu’à 25 ans de prison. Douze leaders indépendantistes subissent un procès politique à Madrid depuis le 12 février. Les accusations? Rébellion (ou insurrection violente), sédition, malversation, ou désobéissance: autant d’accusations sans fondement, relayées par la justice espagnole pour des motifs politiques. Pendant ce temps, les hommes et femmes politiques catalans ayant choisi l’exil dans divers pays européens demeurent des citoyens libres. La justice espagnole a lancé des mandats d’arrêt européens contre ces individus, mais les justices de l’Allemagne, de la Belgique, du Royaume-Uni et de la Suisse refusent leur extradition. Ce qui est un délit en Espagne ne l’est manifestement pas dans le reste de l’Europe.

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Note : Selon un récent sondage le bloc indépendantiste élargirait sa majorité absolue au Parlament en passant de 70 sièges à +/- 76.

Un autre sondage récent indique que 48,4% (+1,2 points) des Catalan-es seraient favorables à l'indépendance, contre 44,1% qui y seraient opposé-es (Pedro Sánchez plus fort que les sondages ... et les résultats électoraux : "Il n'y aura pas d'indépendance car les Catalans n'en veulent pas" ! Lire ici). Par ailleurs 78,7% seraient favorables à un référendum d'autodétermination avec la particularité que 59,9% des électeurs du PSC s'en disent partisans alors que ce parti y est opposé. Plus surprenant et inquiétant pour les partis les plus unionistes, le PP et Ciudadanos : 44,5% des électeurs du premier et 40% de ceux du second souhaitent ce référendum que les indépendantistes ont dû imposer le 1er octobre 2017 et qui vaut à leurs dirigeants, emprisonnés depuis un an et plus, d'être traînés aujourd'hui devant le tribunal !

Dernier sondage évoqué ici, 79,1% des Catalan-es sont partisan-es de la République, les pro-monarchie ne rassemblant que 12,3% ! Là encore c'est du côté des électeurs du PSC que vient la surprise car, en opposition radicale avec la direction de ce parti, ils sont 69,8% à faire le choix de la république contre seulement 18,6% à être favorables à la monarchie.

Tiré de Espagne. Elections en vue, poussée de l'indépendantisme catalan

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Les résultats en langue castillane proposés dans ce billet sont tirés d'enquêtes officielles du Ministère de l'Education espagnol sur la base d'une grille identique de tests élèves dans tout l'Etat espagnol permettant de procéder à des comparaisons d'Autonomies à Autonomies.

Par ailleurs " Sur le plan juridique et législatif, le gouvernement de la Generalitat a adopté toutes les mesures législatives et budgétaires permettant de doter les établissements scolaires des outils nécessaires à la réalisation de ces objectifs. Ainsi, en 1983, l’adoption de la loi sur la normalisation linguistique (loi 7/1983) constitue la première étape dans la consolidation des tendances initiales. En 1998, les dispositions de cette loi ont été dotées d’une portée plus large et ont servi de base pour la « loi sur la politique linguistique » (loi 1/1998). Enfin, dans le domaine spécifique de l’enseignement, le Parlement a adopté ultérieurement la loi sur l’enseignement en Catalogne (loi 12/2009" Lire ici

Le gouvernement espagnol, le Congrès des Députés et le Tribunal Constitutionnel ne se sont pas opposés à cette législation catalane sur les langues en Catalogne. Gageons que, si elles avaient été jugées inconstitutionnelles, elles auraient été cassées. Cela n'a pas été le cas !

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