Mauvaise humeur du jour...La prison pour la présidente du parlement catalan !

La mairie de Madrid, placée sous contrôle financier du gouvernement, (presque) comme Barcelone !

Le juge du tribunal Suprême espagnol a décidé d'incarcérer la présidente du parlement catalan sous le chef d'accusation de sédition, rébellion... Elle est libérable contre versement d'une lourde caution ! Chronique d'une répression que, désormais, on annonce à peine... Pendant ce temps à gauche...

La maire de Barcelone (issue des Indigné-es et membre du parti de la "gauche radicale" Catalunya en Comú) rapproche les mesures autoritaires prises par Mariano Rajoy contre les dirigeants de la Généralité de sa décision de décréter la suspension des comptes de la mairie de Madrid ! (lire, à ce propos, ici).

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 Malgré son désaccord avec la logique indépendantiste défendue par les autorités de la Généralité, Ada Colau se dit en état de choc (elle débattait ce jour avec Naomie Klein, l'auteure nord-américaine du célèbre essai La Stratégie du choc : Montée d'un capitalisme du désastre) devant les mesures autoritaires, politiques, policières et judiciaires, prises à leur encontre. Elle y voit une menace pour tous et toutes dans l'Etat espagnol : elle en veut pour preuve la prise de contrôle, par le gouvernement central, des comptes de la mairie de Madrid, dirigée par une indépendante appuyée par Unidos Podemos, sous le prétexte d'un excès des dépenses. Un coup de force institutionnel contre "un gouvernement", dans ce cas celui d'une mairie (celle de la capitale de l'Etat espagnol, excusez du peu !), qui laisse penser que le putsch contre la Généralité pourrait devenir, pour le gouvernement du PP, une façon, appelée à durer, de domestiquer, en toute impunité, ses oppositions... à Madrid comme à Barcelone ! Nous sommes (trop peu !) nombreux/-ses à avoir lancé, en vain, l'avertissement que ce qui se jouait en Catalogne, contre la Catalogne, jouait bien au-delà de la Catalogne, dans toute l'Europe même !

Trop de gens à gauche ont joué et jouent, en toute inconscience, aux apprentis sorciers en concentrant leur positionnement contre la Catalogne s'autodéterminant; ils ont, par là, permis à la droite espagnole de se donner les moyens d'attenter, plus encore qu'elle n'avait déjà fait, car il y avait à dire et redire sur la chose bien avant la montée en crise sur la Catalogne, aux libertés et aux droits démocratiques mais aussi sociaux, du peuple de l'Etat espagnol. Ne pas avoir voulu comprendre le sens de l'appui accordé à Rajoy par tout ce que l'Europe compte de gouvernements austéritaires et liberticides, relève d'une incroyable faute politique de ladite gauche, y compris celle qui se réclame de l'opposition la plus radicale aux politiques de droite (n'est-ce pas Jean-Luc Mélenchon ?) !

Les déclarations du jour d'Ada Colau, bien qu'elles contredisent son triste "Ni indépendance, ni 155", semblent montrer une prise de conscience, certes un peu tardive et sans qu'en soient tirées toutes les conséquences politiques, qu'il n'y a pas place, quand on est de gauche, pour procéder à des renvois dos à dos qui profitent rarement, c'est peu dire, aux populations !

De Barcelone à Madrid, se dessine en fait un naufrage politique de gauche, dont ne peut que tirer profit une droite européenne décidée, on le sait, à faire payer au prix fort la crise du capital aux peuples. En quelque sorte, le prix méchamment ironique, à payer, à gauche, pour avoir majoré le pseudo coût politique d'une indépendance, pourtant légitime car démocratiquement indexée sur le droit d'autodétermination des peuples, de la Catalogne. Une... dépendance (voilà pour l'ironie) de la gauche-qui-est-contre-l'indépendance-catalane, vis-à-vis de la droite parmi ce qu'il y a de plus à droite, si l'on excepte l'extrême droite (et encore...). Mais surtout, hélas, un prix plus cher payé, s'il est possible, par les peuples d'Espagne et que les autres peuples d'Europe payeront cher aussi. On ne joue pas impunément à rester dans la roue de la droite (au demeurant totalement corrompue) à la Rajoy ... en guerre contre ses peuples.

En ce jour où la présidente d'un parlement et quelques parlementaires dorment en prison, on dit merci la gauche radicale, alternative, blabla ?

Antoine (Montpellier)

Les mots de Ada Colau

Venimos de golpes durísimos. El atentado terrorista de agosto y poco después esas cargas policiales sin precedentes en democracia o la situación en la que estamos ahora, intervenidos por el artículo 155, que es la formalización de una deriva autoritaria. Estamos con un Gobierno elegido en las urnas que, aunque no estemos de acuerdo con él, es inadmisible que el Gobierno elegido por la gente esté en prisión y ahora, pendientes de la decisión del Tribunal Supremo. Sabemos que Fiscalía ha pedido prisión incondicional por permitir debates políticos en un Parlamento. Estamos en una situación de shock, como la que describe Naomi. Es un escándalo democrático que además de reprimir a población indefensa, de intervenir antidemocráticamente la Generalitat de Catalunya, también se está amenazando al conjunto del Estado para decir que esto es la normalidad. Y no es causalidad. Ayer se intervenía al Gobierno catalán y esta semana el ministro Montoro intervenía las cuentas de Madrid, ciudad hermana con la que tenemos un montón de complicidades. No solo está en juego el debate catalán, es mucho más lo que está en juego, son las reglas democráticas, los derechos y libertades de todas. Cliquer ici

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