Elections régionales: point de vue pour débattre de la déroute de l'alternative politique ...

... et de l'urgence de la remettre sur les rails d'un combat contre le FN qui soit radicalement déconstructeur des ravages du consensus gauche-droite !

 

 

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Malgré les divergences d'analyses, parfois profondes, sur les résultats de ces élections, il y a quasi consensus sur l'idée qu'il vient de s'opérer un tournant politique en France. Le point d'irradiation de cette vague consensuelle est bien entendu le score du Front National qui confirme sa capacité à stabiliser à un niveau élevé ses résultats électoraux et même à enclencher sur ce socle une dynamique de progression importante. Qu'on en juge : obtenant nationalement, au premier tour, plus de 6 millions de voix, il parvient à progresser de 800 000 voix au second tour (+ 400 000 voix par rapport à la présidentielle de 2012). Son échec à obtenir la majorité dans une région, à relativiser par l'obtention de 358 conseillers régionaux, a provoqué un soulagement qui mérite pourtant d'être scandé sur le mode du "ce n'est que partie remise". Il n'est pas politiquement inadmissible, à cet égard, de dire que, sur ce point, Marine Le Pen a raison.

Outre en effet le résultat en voix que les pourcentages n'autorisent pas, au demeurant, à minimiser, il faut être conscients qu'à ces élections, le FN s'est affirmé comme le premier parti de France et qu'il aura fallu, et c'est un point sur lequel il faut s'attarder car il donne le sens profond de l'évènement, un front uni droite-gauche pour l'empêcher d'empocher les dividendes politiques de sa percée, à savoir des présidences de région. Retenons ces quelques chiffres qui montrent le bouleversement de l'échiquier politique en ce mois de décembre 2015 : alors que le parti du président de la République, seul ou avec son allié du PRG, peine à dépasser les 5 millions de voix au premier tour (la moitié moins des voix obtenues au premier tour, en 2012, par Hollande) et que la droite LR-UDI dépasse de justesse les 5 millions 800 000 voix (perte de 40% des voix du cumul UMP-Modem de 2012), le FN, sur ses seules forces, en décroche, comme nous l'avons vu, plus de 6 millions ! Si l'on raisonne par blocs gauche-droite-extrême droite qui, on le verra auront été le seul moyen pour que le "barrage républicain" pose le verrou sur lequel a buté l'offensive frontiste, nous obtenons les chiffres suivants de premier tour : un peu plus de 7 millions 800 000 voix pour la gauche, près de 6 millions 900 000 pour la droite et 6 millions 50 000 pour le cumul de voix FN et celui, marginal, du reste de l'extrême droite (34 000 voix). Cliquer ici

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