Mélenchon tape sur des opposants argentins à la dictature. Des provocateurs, dit-il !

Décidément Mélenchon n'en rate pas une : Alep, travailleurs détachés, flics manifestants, sa soumission à l'ordre existant s'affirme de plus en plus. Dérive électoraliste cherchant à "gagner" des voix sur sa droite, très à droite ? Ses thuriféraires s'indigneront... Indignation ? On dira, en pensant à des Indigné-es (de l'Etat espagnol) ayant fait autre chose que pérorer leur opposition au système à une tribune, que voilà un autre mot galvaudé par cette campagne toujours moins insoumise. Tout cela pour vous parler de cette autre sortie...indigne du bonhomme contre des opposants argentins à la dictature, pour la plupart morts au combat. Tout à la critique du traitement de sa campagne des présidentielles fait par Le Monde, JLM attaque son spécialiste "Amérique Latine", Paolo Antonio Paranagua, sur son passé de militant brésilien engagé dans la lutte armée contre la dictature argentine. On découvrira par le lien ci-dessous ce que fut l'histoire de cette lutte que Mélenchon piétine.

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On lit dans le chapitre "Pleurer pour toi, Argentine" de l'autobiographie de Daniel Bensaïd, Une lente impatience (Stock, 2004), entre autres choses que, que Paolo Antonio Paranagua auquel s'en prend aujourd'hui Jean-Luc Mélenchon, faisait partie de la direction d'un petit groupe, Fraction Rouge du PRT-Combatiente, qui, dans les années 70, avait été exclu du PRT de Roberto Santucho. Pendant son exil parisien, Paranagua avait rejoint la Ligue dont il animait la cellule de Renault-Billancourt. De retour en Argentine avec les autres exilé-es, il subit la répression (prison, torture) tout en réchappant à la mort. Trois ans après la rencontre que Daniel Bensaïd eut, en Argentine, avec les militant-es de ce groupe, en tant qu'envoyé de la QI, la moitié d'entre eux, "jeunes intrépides, pleins de confiance en l'avenir socialiste de l'humanité […] avaient été arrêtés, torturés, assassinés" (p 181).

En conclusion de son évocation de ses périples politiques argentins et, en assumant le bilan amer de l'échec de la lutte armée, qu'avec la majorité de la QI, il avait soutenue, Daniel Bensaïd a une pensée émue pour ses camarades disparu-es, "tous ces vaincus auxquels une dette nous lie", dans la lutte contre une des dictatures les plus sanglantes du Cône Sud. Par son attaque infâme contre l'un des survivants de cette expérience douloureuse, quelle que soit l'évolution politique qu'il a connue et que l'on peut à juste titre critiquer, Jean-Luc Mélenchon insulte la mémoire de courageux/-ses combattant-es pour qu'advienne un autre monde ! Et, par là, cet "insoumis" revendiqué montre sa soumission de politicien à l'un des plus méchants travers du monde immonde contre lequel nous luttons : la calomnie, à forts relents staliniens, d'insoumis-es qui n'ont pas hésité à risquer leur vie pour leur idéal anticapitaliste. Impardonnable !

Voir le dossier Mélenchon salit la mémoire d'opposant-es à la dictature argentine !

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