Les décapitations civilisatrices de la France coloniale ... et postcoloniale

L'assassinat atroce de Samuel Paty et la légitime horreur qu'il a suscitée ont été immédiatement instrumentalisés par tous ceux et toutes celles qui sont à l'affût de dénoncer la barbarie atavique islamique, entendez "de l'islam", entendez "des musulmans". Façon de se réaffirmer/postuler soi-même civilisés ?

L'assassinat atroce de Samuel Paty et la légitime horreur qu'il a suscitée ont été immédiatement instrumentalisés par tous ceux et toutes celles qui sont à l'affût de dénoncer la barbarie atavique islamique, entendez "de l'islam", entendez "des musulmans". Façon de se réaffirmer/postuler soi-même civilisés. Dans la fierté de l'histoire nationale à vocation civilisatrice universelle ? Plutôt dans le refoulement (délibéré ou inconscient) que cette même postulation devrait inciter à la honte car est elle est démentie par ce que cette histoire nationale/universelle/civilisée et civilisatrice atteste : la présence de la barbarie au coeur même de la mission de civilisation auto-assignée.

Attestation par ... la pratique de la décapitation qui nous a tant horrifiés dans le crime de Conflans !

Capture%2Bd%25E2%2580%2599e%25CC%2581cran%2B2020-10-24%2Ba%25CC%2580%2B20.31.59.png

Tiré d'ici

Alors la "culture" de la décapitation, spécificité barbare "des islamistes" ?

NB.

Pour finir de se convaincre que la "civilisation" française dont il est question ici, ce n'est pas de la vieille histoire :

"Dans le livre ‘A Ditadura Escancarada’ ou ‘La Dictature qui ne se cache pas’, le journaliste Elio Gaspari rappelle que, quand ‘la hiérarchie militaire brésilienne a associé les forces armées à la torture, elle pouvait alors s’appuyer sur deux précédents classiques d’action anti-insurectionnelle’. Le premier était au Viet-Nam, cependant, à cause de certains cas d’exécutions de civils, ‘il ne convenait pas’. Mais ‘le deuxième exemple, l’action française en Algérie, était à disposition sur toutes les étagères des bibliothèques d’ouvrages militaires’. L’homme envoyé par le gouvernement français comme attaché militaire et qui a été reçu à bras ouverts dans le Brésil de Médici, avait dirigé, en Algérie, un massacre qui avait fait plus de 7 500 victimes en deux jours – dont deux mille avaient été exécutées après avoir été interrogées dans un stade transformé pour l’occasion en camp de détention." (lire ici)

A lire aussi

Crime de Conflans, expliquer ce n'est pas excuser...

Toi qui m'appelles islamo-gauchiste, laisse-moi te dire pourquoi le lâche, c'est toi

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.