L'auberge des migrants, l'injustice continue à Calais

Voici les dernières nouvelles de l'auberge des migrants.

Le Journal de
L'Auberge des Migrants
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26 septembre 2018

Pas politiquement correct, l’humour à propos de la police !


Vous pouvez aujourd’hui – presque toujours- faire de l’humour sur à peu près tous les thèmes. Mais attention, pas sur la police. Loan, qui travaillait pour l’Auberge des Migrants, a pris 1 500 € d’amende avec sursis, 450 € de frais de justice et devra verser 500 € de dommages et intérêts à un des policiers apparaissant sur une publication Tweeter. Pourtant en plus de la fraternité, il en faut, de l’humour – la politesse du désespoir, selon Chris Marker – pour supporter le quotidien à Calais, sur le terrain, avec les exilés, dans la boue et le froid, quand la police fait enlever en plein hiver les tentes, couvertures, affaires personnelles des exilés. Mais les policiers, en portant plainte, et le juge, en condamnant Loan, ont voulu faire passer un message : « Taisez-vous ! ». Evidemment, Loan fait appel de cette condamnation.

Grande-Synthe : situation dramatique, plus d’un millier de sans-abris !


Lundi soir, 24 septembre, les bénévoles de RCK/L'Auberge des Migrants ont distribué des repas à plus d'un millier de personnes, de 17 h à la tombée de la nuit. Les policiers municipaux auraient dénombré 1 200 personnes sans abri.
Près du bois du Puythouk, le lundi matin, il y avait des hommes et des femmes désemparés, des enfants malades, après deux nuits dehors, sous la pluie.
Où sont les médias ? Chacun peut en faire l'expérience : pas une info, une image, une vidéo, depuis plusieurs jours!
Rappelons les faits : le 6 septembre, la police a évacué 500 personnes environ. Plus de 200 sont restées sur place, et chaque jour en arrivent de nouvelles. Ils et elles étaient 700 à 800 à la fin de la semaine dernière, plus de mille aujourd'hui.
Le sous-préfet, aux ordres de Paris, dit qu'il n'a pas de places en centre d'hébergement ; le maire est coincé entre les autorités, sa population et les maires des villes voisines, qui n'ont pas de proposition suffisante.
Pendant ce temps, la survie d'un millier de personnes dépend entièrement des associations, dont les ressources ont baissé, du fait de l'oubli dans lequel l'opinion publique est laissée !


Brèves

La boutique de l’Enlysée

Un groupe de jeunes gens, du milieu de la musique et de l’art, a lancé la « boutique de l’Enlysée », parodie de la boutique de l’Elysée. Vous pouvez acheter un tee-shirt « Fainéant » ou « Je coûte un pognon de dingue », un mug « Je traverse la rue », et bientôt peut-être un sweat-shirt « Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus », célèbre phrase prononcée par E. Macron en juillet 2017. Les bénéfices seront reversés à L’Auberge des Migrants, à Salam et à la Fondation Abbé Pierre.

Festivals

L’entrepôt a reçu des centaines de duvets et de tentes, laissés par les fans à la fin des festivals de musique de l’été, britanniques surtout. Le stand de L'Auberge des Migrants / Utopia 56, a également permis de collecter une centaine de tentes et des duvets. Les bénévoles de L’Auberge s’affairent à vérifier, réparer, nettoyer, ce matériel, en prévision de l’hiver qui vient, à Calais et Grande-Synthe.
 

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