Scènes de violences conjugales

Une pièce de Gérard Watkins - Théâtre de la Tempête - Cartoucherie de Vincennes

Le titre n’est pas accrocheur.

Mais que craint le théâtre à explorer des domaines inconnus ?

Peut-être l’ennui. L’ennui des poncifs sur une question dont chacun connaît l’existence, mais que l’on croit inaccessible à la représentation, sinon sur le mode culpabilisant. Pour la centaine de femmes qui meurent chaque année en France sous les coups de leur compagnon, combien d'oeils au beurre noir, de lèvres fendues, de fractures du cubitus ?

Dans Scènes de violences conjugales on ne s’ennuie pas un seul instant. Le théâtre opère ici son miracle séculaire (mimésis-catharsis). On entre dans l’intimité sensible et rationnelle d’un phénomène qui, pour monstrueux qu’il soit, nous semble familier. A point d’en rire tout en se mordant le poing.

Comment en vient-on à continuer à s’aimer, en toute sincérité, quand la violence s’institue dans le couple ?

Et comment on en sort. Aussi.

Car pour cruel qu’il soit avec nos nerfs, Watkins ne se complait pas à nous laisser dans le noir, groggy, hagards. Il ouvre le chemin étroit de la libération.

Hayet Darwich, Julie Denisse, David Gouhier, Maxime Lévêque et Yuko Oshima, les interprètes, sont impeccables. Ils nous emmènent dans les tréfonds de l’âme humaine. A des profondeurs que n’atteignent sans doute jamais les taupes.

Du 11 novembre au 11 décembre - du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h30

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.