Le Monde à l'Envers

Épiphanie du jour. Révélation du vendredi. Nous vivons dans un monde où tout est inversé. Comme le reflet d'un miroir. Ça a l'air d'être exactement comme il faut, mais tout est exactement à l'opposé d'où il devrait être.

Un monde où la nourriture "normale" est celle qui nous empoisonne, nous et la Terre, et où la nourriture saine a besoin d'un label qui l'identifie et reste marginale.
Un monde où les véganes et végétarien.ne.s se font traiter d'extrémistes alors qu'aucun.e d'entre nous ne supporterait plus de 2 minutes de voir ce qu'il se passe dans un abattoir, ou même, de tuer de ses propres mains la bête qu'il.elle veut consommer jour après jour.
Un monde où les zadistes sont appelés terroristes parce qu'ils défendent un lopin de terre contre un projet meurtrier de plus pour l'environnement.
Où des hommes et des femmes s'évertuent à saper le combat féministe, politique et non-violent, au lieu de s'en prendre au sexisme qui lui, tue, blesse et viole tous les jours la moitié de l'humanité.
Où l'on s'en prend quotidiennement à l'Islam et à celles et ceux qui le pratiquent, pour défendre nos "valeurs et libertés", alors que celles et ceux-là sont minoritaires et pour beaucoup sans pouvoir politique et économique. Et l'on fait en même temps monter le fascisme qui est, lui, un vrai danger pour la démocratie, pour nos libertés individuelles et pour l'égalité.
Où l'on pense qu'être écolo, c'est se priver de tous plein de plaisirs et qu'on a le droit "d'être un peu égoïste", alors qu'en ne se limitant pas du tout, on assure des conditions de vie à nous et aux suivant.e.s absolument dégueulasses, où il n'y aura plus de plaisir du tout.
Un monde où les automobilistes insultent les cyclistes sur la route et les politiques qui réduisent leur place, comme si la question de l'air qui entre dans nos poumons ne les concernait pas.
Un monde où celles et ceux qui défendent l'écologie enchainent les défaites, alors que ceux qui nous mènent fièrement à l'Apocalypse empilent les scrutins favorables.
Où on préfère regarder crever des gens par milliers dans la Mer, parce qu'on ne veut surtout pas ordonner aux 1% qui ont accaparé la majorité des richesses de partager.
Où on continue d'expliquer que le capitalisme peut devenir vert, alors que, dans son AdN-même, il est un épuisement des ressources, des animaux, des plantes, des insectes, des travailleur.se.s, des espoirs.

Si nous sommes ici dans le Monde à l'Envers, l'Endroit existe peut-être quelque part, en nous. On pourrait, comme Alice, traverser le miroir, et commencer à remettre les choses en place. A tout retourner.

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