«J'suis pas un imbécile moi, j'suis douanier.»

On se souvient (les moins jeunes) du sketch de Fernand Reynaud (1972), celui du douanier qui n'aimait pas les étrangers. Et n'était pas un imbécile, puisqu'il était un douanier! Sans doute que les douaniers français qui ont utilisé, en Italie, un local d'une ONG pour poursuivre un Nigérien, n'étaient pas des imbéciles mais dans la droite ligne de la politique officielle vis à vis des étrangers!

Rien ne les arrête, de Paris à Calais ou à la Roya, au nom de la politique sur l'asile et l'immigration, les forces de l'ordre françaises (policiers, douaniers, CRS...) n'hésitent pas à interpeller, à mépriser, à poursuivre, à se déployer, partout y compris en dépassant les frontières. Ce fut le cas vendredi dernier, à Bardonecchia, effectuant un «acte de perquisition illégal» selon une note du procureur de Turin, qui considère «abus de pouvoir», «violence privée» et « violation de domicile », l'attitude des douaniers français.

Les zélés fonctionnaires des douanes, poursuivaient ainsi un jeune Nigérian, en régle avec un billet pour Naples. Ils le font descendre à la station frontière italienne, le soupçonnant de trafic de drogue. Ils décident de le soumettre à un test urinaire, dans les locaux de l'ONG Rainbow for Africa, l'Arc-en-ciel pour l'Afrique, (association italienne qui cherche à contribuer au développement durable de l'Afrique et soutien des immigrés frontaliers).

La politique des services du ministre Collomb de l'intérieur (et également le ministre Darmanin, tutelle des Douanes) font que les associations de soutien ou d’entraide sont mal vues et à poursuivre, ici et ailleurs.

Ce n'est pas un incident, un cas isolé, (que les autorités françaises continuent à ne pas reconnaître comme un acte illégal) c'est une forme politique d'exclusion, de refus de considérer l'Autre comme un être humain, à travers des abus manifeste d'autorité. Les « autorités » se sentent, apparemment, dans une telle impunité qu'elles contrôlent y compris un passager qui quitte la France. S'il y avait un doute il serait plutôt « remis » aux autorités italiennes. Entre le discours supposé « humaniste » du président et les actes, pas supposées mais manifestement « inhumains » des maréchaussées, il y a un abîme rempli d'arbitraire.

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* *  Dans le premier commentaire le texte du sketch de Fernand Raynaud.

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