Djibouti : contre le viol et l'impunité

Un groupe de femmes de Djibouti, résidentes en France et en Belgique, soutenues par Femmes Solidaires, a entamé, depuis plusieurs jours une grève de la faim pour dénoncer les actes de viol sur les femmes Afar par des soldats de l'armée gouvernementale. Ces dix femmes entendent faire connaître au monde l'impunité dont bénéficient les violeurs et appellent à la solidarité internationale.

 C'est dans la région parisienne, à Arcueil (Val de Marne) que dix femmes Afars se sont groupées depuis le 25 février pour « protester contre ces violences et briser le mur de silence érigé autour des viols. Ces crimes se déroulent à quelques encablures des bases militaires française, américaine, nipponne et chinoise ».

 Le peuple Afar, ce sont des habitants de ce qu'on nomme la Corne de l'Afrique, peuple dispersé entre trois pays, l'Ethiopie, l'Erythée et Djibouti. Les violeurs officiels agressent en tout impunité les femmes Afars et cette violence rejoint les directives gouvernementales où l’État encourage d’autres ethnies à s’installer sur les terres des Afars et à entrer en conflit avec eux.

 Le viol est utilisé comme « une arme de guerre » pour exercer pression sur les populations dans les plusieurs territoires en guerre. Ce qui se passe à Djibouti est un exemple de plus. Actuellement en période électoral pour les présidentielles, cet acte courageux de grève de la faim, mérite d'être connu et soutenu largement.

On se souvient de l'affaire Borrel, un magistrat français ayant été «suicidé» à Djibouti en 1995,  sur lequel ni Djibouti ni la France n'ont pas été très diligents pour faire émerger la vérité. On sait cependant, que le Juge Borrel, alors conseiller du Ministère de la Justice de Djibouti, avait eu à connaître les "trafics" attribués au neveu du Président de l'époque. Aujourd'hui, Ismaïl Omar Guelleh, devenu Président depuis brigue un quatrième mandat. Dans ces conditions, on ne peut pas compter sur la diplomatie et l'action du gouvernement français pour que les crimes de viol sur les femmes Afars soient jugés et poursuivis, mais on peut peut-être alerter autour de soi, notamment les élus susceptibles de s'engager. Sur 246 témoignages 20 plaintes ont été déposées, sans aucune suite pour le moment.

 Un hashtag a été créé et lancé sur les réseaux sociaux #stopviolsdjibouti et l’action est soutenue par les Femmes Solidaires et le comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’impunité. L'une des actions possibles par toutes et tous facilement, qui semble rassembler beaucoup d'initiatives, c'est de se prendre en photos avec l'affiche et de leur envoyer.

 J'insère ici les liens: http://www.femmes-solidaires.org/?Contre-les-viols-par-l-armee et Contre les viols par l’armée djiboutienne et l’impunité : Grève de la faim de 10 femmes Djiboutiennes

 

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