La ''guerre'' des municipales n'aura pas lieu...!

Maintenues à tout prix, quoi qu'il en coûte, les élections municipales 2020 sont en sursis. Là où la liste a été élue au premier tour, l'élection est acquise. Mais pour un second tour, faute de pouvoir l'envisager avant l'été, après ce sera une ''nouvelle élection'' et il faudra tout recommencer!

Pour faire face à la pirouette triste et vulgaire du candidat Griveaux de l'écurie En Marche, Agnès Buzyn, la ministre de la Santé a été poussée, à l'insu de son plein grè, en pleine crise montante du Covid-19 dont elle avait la charge, vers l'arène parisienne. Un résultat calamiteux et un aveu : « Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée. » (In Le Monde 17/03/2020)

Sous couvert d'expertise scientifique, la Macronie ne pouvait pas ajourner ces élections. On minore les risques, mais après avoir fragilisé le combat sanitaire en désignant la ministre, pour renflouer et sauver son parti bien fragilisé, il fallait maintenir l'essai municipal. L'opposition dite ''farouche'' du président du Sénat aurait eu raison du président dit-on... comme si ce président se laisse impressionner ou dicter les décisions qui ne lui agréent pas.

D'ailleurs la pression était forte pour ''inciter'' à l'abstention (ce qui aidait à justifier les mauvais résultats escomptés). Le jeudi précédent l'élection, le 12, le président dans une allocution solennelle annonce la fermeture de tous les établissements scolaires, la consigne de confinement relatif des plus de 70 ans et des plus fragiles, interdiction des visites à l'Ehpad. Le samedi, 14, veille des élections, le premier-ministre à son tour annonce la fermeture dès minuit de tous les "lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays", appelant les Français à "plus de discipline" face à l'épidémie. Plus de petit café à la sortie du bureau de vote, les bars et restaurants seront fermés.

La colère froide de Macron après le rejet de la candidature de ...

Et maintenant, que vais-je faire ?

On verra bien! Et que les détenteurs de la démocratie sortent leurs calculettes. Le premier-ministre attend le rapport scientifique qui sera remis au Parlement le 23 mai et «ce n’est qu’à ce moment-là, que la décision sera annoncée» a-t-il affirmé.

Selon le Figaro, lors du Conseil des ministres, le président penche pour le mois d'octobre avec un premier et second tour. Cela retarde les sénatoriales d'un an mais d'ici là ils auront le temps de voir venir...

L'hypothèse de coupler municipales, départementales et régionales, évoquée ici ou là, semble aussi très inspirée des arrangements d'arrière boutique.

Ce ''virus'' nous confinent dans nos corps mais pas dans la tête de l’exécutif car il permet d'arrangements dans les sphères du pouvoir (même si la manœuvre précédente ne leur a pas porté chance, elle a tout de même servi de révélateur de ces jeux).

Que la gestion du drame que nous vivons soit difficile et que parfois il faille réagir au quart de tour, c'est évident. Le refus du Conseil d’Étaten réponse à la requête ''au nom du droit à la dignité humaine, des réquisitions nécessaires face à la pénurie de matériel et de médicaments'' montre bien qu'en temps de ''guerre'' l'union nationale doit être le mot d'ordre. Et ''pendant la crise les ajustements politiques continuent''.

On nous parle avec complaisance, de la colère froide du président. Mais il me semble qu'au fond, cela correspond bien à son attitude et à ses remarques sur ce qu'il donne à voir de l'ensemble de son positionnement depuis le début du quinquennat. Du mépris le plus cynique et vulgaire aux actes de rejet de tout ce qui, peu ou prou, puisse questionner ou s'opposer à sa politique. L'omniprésence du ministre, du premier et du président à la télévision et l'opposition réduite au suivisme des ordonnances gouvernementales, rendent inaudible toute contestation qui reste un peu enfermé dans le territoires des convaincus.

Par ailleurs, selon le Point, Emmanuel Macron aurait assuré en conseil des ministres, qu'on "se souviendra des gens qui ont été à la hauteur et de ceux qui ne l'ont pas été"... il se fait aussi menaçant qui est bien la marque de fabrique de sa start-up France.

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