SNCF : un bel été à Montparnasse !

Il y a quelques jours, le monsieur SNCF, Pépy, a parlé à la presse pour lui présenter le TGV du futur… superlatifs, réussite industrielle à tous les étages ! Depuis vendredi dernier, en conséquence d'un incendie la gare de Montparnasse a été paralysée tout le week-end, pendant le chassé croisé des vacanciers. Retour à la normale prévu pour lundi 6 août! Un bel été avec la SNCF…

On peut se réjouir des progrès techniques qui facilitent le travail, la vie, le quotidien des professionnels cheminots et des voyageurs (même s'il est légitime de  s'interroger sur ces investissements sans fin sur le TGV). Mais quel sens, dans ces sphères techniques et directives peut-on attribuer à la haute technologie et à cette succession de pannes dont la gare de Montparnasse semble être dépositaire.

Pour mémoire :

* le 28 mai 2016, dans la soirée du vendredi, panne d'aiguillage à la gare à Tours, provoque un "embouteillage" à la gare de Montparnasse lors des départs du week-end;

* juillet/août 2017 panne de signalisation à Montparnasse. Trois jours de perturbations pendant le va-et-vient des juillettistes et des aoûtiens du fait d'une panne au poste de signalisation de Vanves (Hauts-de-Seine);

* le 3 décembre 2017, sur un poste d'aiguillage bug informatique, gare de Montparnasse, qui empêche les voyageurs de partir (ou d'arriver) un dimanche après-midi;

* le 11 décembre 2017, un lundi matin, sur les panneaux d'affichage de la gare de Montparnasse, une annonce «Appareil momentanément hors service. Veuillez nous en excuser». Des stagiaires au "gilet rouge" essayent tant bien que mal de dire aux voyageurs le numéro de la voie et le retard prévu, aussi bien dans les grandes lignes que pour les trains de banlieue;

* le 27 juillet 2018, un vendredi, suite à un incendie intervenu au milieu de la matinée sur un transformateur situé à Issy-les-Moulineaux, bloque l'alimentation électrique de la gare Montparnasse et pendant plusieurs jour la circulation des trains était chaotique.

* mais aussi le 13 juin 2018, défaut électrique à la gare de St Lazare, en décembre 2016 rupture d'un caténaire à la gare du Nord et le 3 juillet 2018, "méga" panne de signalisation à la gare du Nord entraînant des retards jusqu'à 2h30.

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“ Le réseau vieillissant est à nouveau pointé du doigt. Les incidents à répétition en Île-de-France illustrent la vétusté du réseau et le désintérêt des pouvoirs publics.” Ce constat est fait par tout le monde, même la direction parfois le reconnaît,mais ce sont les cheminots et les usagers qui en pâtissent...

Cette fois-ci il s’agissait d’un incendie dans un transformateur électrique de RTE (Réseau de Transport d’Électricité) qui s'est déclaré à Issy-les-Moulineaux, le 27 juillet 2018.

La SNCF s’est déchargée sur le RTE et vice-versa : Pour l’un, Pépy: "Nous sommes victimes, les usagers, et nous-mêmes, d'un incendie qui a eu lieu sur un transformateur, qui n'a rien à voir avec la SNCF, qui est un transformateur de la société RTE". Pour l’autre, Brottes, président du RTE: "Je comprends qu'on soit exaspéré, a reconnu le président de RTE. Les secours pour l'alimentation étaient dans le périmètre du même poste, c'est un peu comme quand vous avez la nationale 7 à côté de l'autoroute A7. Quand vous avez un incendie qui coupe la circulation sur les deux, il faut se dire qu'il faut peut-être faire évoluer le périmètre." Une explication-justification qui laisse perplexe.

Selon Le Monde, le groupe a bâti trois circuits d'alimentation indépendants, mais le "RTE a branché ces trois circuits à une seule et même installation". En clair, le dispositif de secours dépendait également du poste électrique victime de l'incendie.

Et le délégué CGT du Réseau expliquait "Quand on veut des alimentations électriques supplémentaires, il faut les payer et les demander, c'est comme ça que ça marche... les alimentations de la gare sont comme cela depuis très longtemps, personne ne peut dire qu'il ne savait pas ".

Ce petit-fils de cheminot et fils d'agent EDF, François Brottes n’est pas un inconnu car sa nomination a été entachée de soupçons au temps de l’autre François, (il avait été son conseiller-énergie pendant la campagne de 2012).

En effet il avait été chargé, en tant que député, d'une mission temporaire. Prolongée au delà de six mois, son suppléant prend sa place à l'Assemblée et rien ne s'oppose à que M Brottes prenne la tête de RTE (Réseau de Transports d'électricité), ce qui fut fait le 18 août 2015.

Dans mon billet du 30 août 2015 Moi Président, un Brottes exemplaire*: «Un député (ici François Brottes) chargé d'une mission par le gouvernement, reste à l'Assemblée et n'est pas remplacé par son suppléant, sauf si la mission est prolongée au-delà de six mois. C'est le cas. Le suppléant Pierre Ribeaud prend donc la place du député lequel est promu par la volonté du Président (pour le remercier de bons et loyaux services,  pourrait-on ajouter). Ainsi, le peuple, les électeurs n'ont rien à dire, ni à faire. C'est qu'ils risquaient de mal voter, c'est à dire, ne pas voter PS. Ainsi, le premier des François (le H) à trouvé la parade et le François (le B), un de ses obligés, sera remplacé sans préjudice pour la boutique du Parti».

Et ces deux grands serviteurs de l’État,, Pépy-Brottes, nous concoctent un bel été 2018! Si les cheminots dénoncent depuis longtemps les carences d'une entreprise qui pour embellir sa vitrine -grande vitesse- délaisse la manutention voire la sécurité -le désastre de Brétigny est dans toutes les mémoires-, les voyageurs et ses associations -qu'on n'entend plus- semblent finir par se conformer devant cette impunité et ce laisser faire.

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