Pendant les GJ, les affaires continuent... la braderie aussi!

C'est passé comme une lettre à la poste (avant la privatisation..). Le “ ”liquidateur“ ” des biens rentables de l’État, avec sa clique de Bercy, a réussi à faire passer la braderie des aéroports de Paris (ADP). Et les jeux de hasard (FDJ) aussi... pourvu que ça rapporte au secteur privé, tout est bon à vendre! Sommes-nous obligés de “gober” tout ça ?

   Les médias ont beaucoup parlé, des élus enflammés de droite comme de gauche se sont exprimés, le 'landerneau' s'est beaucoup ému, des parlementaires des deux Assemblées avaient promis, vous allez voir ce que vous allez voir et voilà, c'est tout vu.

Il s'agissait, en nouvelle lecture de l'article 49 du projet de loi Pacte qui prévoit de supprimer l'obligation pour l’État de détenir la majorité du capital d'ADP (actuellement 50,63%, pour un montant évalué à 9,5 milliards d'euros). Ils étaient ce jeudi 14 mars, 45 en séance à l'Assemblée, 42 se sont exprimés, 27 ont voté pour et 15 contre, 22 suffisait.

La loi ne fixe pas le nombre d'élus nécessaires en séance lors d'un vote. Il suffit qu'il y ait 50 plus 1. Cette variante de la démocratie se révèle ainsi une bonne fée pour les coups tordus et pour les intérêts particuliers.

L'actuel ministre de l'économie était au cabinet du premier-ministre Dominique de Villepin au moment de la privatisation des autoroutes (2005-2007). On sait les profits faits par les acheteurs et la timidité de l’État devant les décisions d'augmentation des péages.

L'actuel président de la République était ministre de l'économie (gouvernement Hollande) et a validé la vente des parts de l’État dans de l'aéroport de Toulouse “c’est le contre-exemple d’une opération réussie selon la Cour des Comptes”.

Cette gabegie des biens de l’État, cette collision avec les intérêts privés sont en cohérence avec la rafale de mesures de suppression dans le service public sous couvert d'économies qui sont en réalité des mesures pour rendre inopérant et démanteler ce qui contribuait au lien social.

Quand ça ne marche pas bien il faut privatiser car l’État n'a pas vocation à s'en occuper. Quand ça marche bien il faut privatiser pour que le secteur privé, mieux armé, en tire des bénéfices.

Ce gouvernement confronté depuis presque cinq mois à une véritable mise en cause de sa pratique et de ses intentions n'a pas su trouver une réponse politique tout en affinant la réponse policière.

De son côté l'opposition (à part le "rebelle" Larcher, "il me coûte d'imaginer que c'est le Sénat qui s'oppose à la manœuvre macronienne") tantôt sur un pied, tantôt sur un autre, n'a pas su ni soutenir ni formuler des proposition politiques à ce soulèvement des samedis dans les ronds-points. Le clan des Le Pen, n'a pas eu besoin de beaucoup se mobiliser...

Il serait à désespérer si nous n'arrivions pas à dépasser cette passe, dont l'actuel cirque de la gauche pour les européennes semble confirmer l'image du clown triste, sans chapiteau!

Le 6 mars 2019, l'Association Anticor avait écrit aux députés sur la Loi Pacte. À lire ici : Loi Pacte : Anticor écrit aux députés pour qu’ils renoncent à...

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