Football, Fado, Fátima... et Ronaldo

Trois F, Futebol, Fado, Fátima, était la devise (officieuse) du Portugal de Salazar. Le régime d'alors s'adonnait à ce triptyque pour "entreter" le bon peuple. Et les lusitaniens du ballon rond y trouvèrent leur compte. Outre Ronaldo, dans le football leaks, deux autres portugais Jorge Mendes, agent des stars du foot et José Mourinho, entraîneur multi-champion. Pour un petit pays, quel talent!

Certes le Portugal en a d'autres, des talents dans ce genre : Carlos Tavares, le PDG de Peugeot qui, en tant que grand patron, se considère «comme un joueur de football … ou un pilote de Formule 1», (in Le Point du 4 mai 2016) avec un salaire de 14.500 € par jour! Il y a aussi l'ancien président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, recruté récemment par la banque Goldman Sachs... comme un retour de services rendus pendant sa présidence!

Bien sûr, il n'y a pas de lien entre ces personnages. Le fait qu'ils soient nés au Portugal ne les rende ni plus ni moins doués, de la tête ou du pied!
Les malversations, manipulations, «vols» au fisc, refus d'accomplir leurs obligations citoyennes, que le Football Leaks, à travers Mediapart en France, vient de mettre à jour, sans surprendre (voire les affaires de Michel Platini et Sepp Blatter) nous laissent indignés.

 

Ils sont révélateurs d'un système de concurrence, de copinage, de corruption, d’appât du gain, de favoritismes de toutes sortes. Être né quelque part, c'est le sort de chacun et le drapeau on peut se l'approprier ou s'en défaire. En revanche on est toujours né de quelqu'un et c'est dans l'histoire qui nous précéde et celle que nous construisons que notre identité se forge.

Ces marchands de sport, qui s'exhibent et s'enrichissent grâce à l'inaccessible rêve,  ont été rattrapés mais ceci ne les empêchera pas de poursuivre et bien d'autres, moins connus, s'en servent et seront bien servis.

Le foot de l’ère fasciste du Portugal et celui de notre temps a beaucoup changé. A l'époque Eusébio, un autre grand joueur portugais, avait été empêché de jouer dans une équipe étrangère, par décision de Salazar. Le régime avait besoin de lui pour maintenir la cohésion (domination?) du peuple du football. Aujourd'hui, la «mondialisation» du ballon rond suit celle des affaires, des trafics, de l'exploitation.

S'ouvrir au monde, sauter les frontières ne peut que réjouir tous ceux qui un jour ont du partir ailleurs. Être en alerte contre les effets pervers de ces ouvertures c'est bien,  je pense,  un de nos combats dès maintenant.

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Dessin de Renato Aroeira, Brésil, in Porto-Cartoon 2015.

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