Maduro et le cochon Portugais!

Pour le repas traditionnel de Noël, les Vénézuéliens cuisinent le jarret de cochon. Mais cette année, bon nombre d'entre eux en ont été privés du fameux jarret. Dans le régime -politique- du Venezuela il fallait bien qu'il y ait un coupable. Et le líder maximo en a trouvé : un sabotage du Portugal, qui a eu peur des États Unis.

Résultat de recherche d'images pour "maduro images"Ce serait donc le cochon lusitanien qui n'est pas arrivé pour Noël, d'où les manifestions de protestation de la population qui ont tourné au drame. Une jeune femme enceinte a été tuée par un policier (qui aurait été arrêté).

La population de Caracas à qui le Président avait promis un panier de Noël avec «uno pernil de cerdo» (jarret de cochon) était en colère et a manifesté bruyamment et violemment.

Le président Nicolas Maduro a déclaré à la télévision que le Portugal avait saboté l'envoi de la viande de cochon, ayant détourné les cargos dont le gouvernement s'était occupé ayant signé le bon de commande. Deux jours plus tard un de ses ministres informe la population que finalement les camions étaient bloqués à la frontière de Colombie, avec du cochon colombien.

Il s'agissait d'une commande du gouvernement vénézuélien, destinée à six millions de familles pauvres qui devaient bénéficier de la promesse de Maduro. La jeune femme enceinte de 25 semaines, lors de la distribution du jarret de cochon, se serait trouvée au milieu de «personnes violentes» et un policier aurait fait le feu l'atteignant mortellement.

Le ministre des Affaires Étrangères du Portugal, avait répondu que le gouvernement portugais n'avait aucun moyen de contrôler les transactions commerciales des entreprises privées.

Le commerce du jarret de porc portugais avec le Venezuela vient de loin et en 2016 le Portugal a vendu 14 mil tonnes de viande au Venezuela pour un total de 63,5 millions d'euros. En 2010 les transactions étaient de l'ordre des 2500 tonnes de jarret congelé ayant augmenté jusqu'aux 14 mil tonnes en 2016.

Ce commerce, selon les chiffres officiels, ne concerne que le dernier trimestre de chaque année. Une des entreprises portugaises est dirigée par un ancien ministre, Mário Lino, qui fut membre du Parti Communiste Portugais. Il serait d'ailleurs impliqué dans les trafics de corruption, encore en instruction concernant Antonio Socrates, ancien premier-ministre socialiste toujours mise en examen.

Il s'avère que le gouvernement du Venezuela a une dette de 40 millions d'euros aux différentes entreprises portugaises pour les ventes non honorés de 2016, ce qui pourrait être à l'origine du refus de vente de la viande de cochon. A la suite de ce différend, l'ambassadeur du Venezuela s'est engagé, au nom de son pays, à solder la dette, au moins à une entreprise, avant le mois de mars 2018.

La communauté immigrée portugaise au Venezuela et surtout à Caracas, se chiffre à plus d'un demi million de ressortissants et certains ont craint pour leur sécurité face à l'accusation du président bolivarien... Le ministre des Affaires Étrangères portugais, se rendra dès demain au Venezuela pour rencontrer les émigrés Portugais qui évoquent comme préoccupation les questions de sécurité.

Ce mauvais conte de Noël serait dérisoire, se prêterait même à faire rire (jaune), s'il n'avait pas eu le décès d'une jeune femme tuée par un policier. Ridicule aussi la mise en scène présidentielle si cela ne concernait pas la majorité de la population du pays dépendante d'un jarret de cochon "officiel" pour fêter les «navidades»!

Symbole d'un pays à la dérive, sous couvert de gouvernement du peuple, un système qui l’oppresse jusqu'à la plus banale des manifestations familiales, celle de Noël.

Les pays de ce continent sont à coup sûr, victimes des invectives et manœuvres au long de l'histoire du grand voisin du nord qui sont les États Unis. L'arrivée au pouvoir de Trump vient renforcer, par d'autres moyens les systèmes d'exploitation de la puissance nord-américaine. Au Venezuela le populisme, dit de gauche,  incarné par Maduro devient objectivement un "allié par défaut" de toutes les dérives que l'exploitation de la misère et du mécontentement suscitent.

Il est question de légiférer en France contre la «propagande mensongère et les diffuseurs de contre-vérités», si tel était le cas au Venezuela, le pouvoir en place aurait du «mouron à se faire» pour leurs histoires de cochon Portugais !

Nicolas Maduro culpa a Portugal de sabotear entrega de pernil en Venezuela

"El presidente de Venezuela aseguró este miércoles en cadena nacional, que fue un "sabotaje" el culpable de que la población no recibiera pernil en Navidad."

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.