Mea-culpa de Fillon : «Pardon pour cette étourderie»

Un petit mea-culpa, un acte de contrition et c'est reparti, circulez n'a rien à voir. «Je suis le seul légitime et le plan B c'est Bérézina». D'ailleurs l’enquête ouverte n'est pas à la bonne adresse: le Parquet National Financier «sans doute pas compétent»! disent les avocats de M Fillon.

«En travaillant avec ma femme et mes enfants, j’ai privilégié cette collaboration de confiance qui aujourd’hui suscite la défiance. C’était une erreur. Je le regrette profondément».     

Après son «mea-culpa», acte courageux de celui qui reconnaît ses erreurs, le candidat Fillon réfute d'un revers de main, les soupçons légitimes qui pèsent sur le travail effectif de sa «compagne de travail et sa collaboratrice»

«Ce métier [assistant parlementaire] est fait de tout un tas d’actions modestes … qui peuvent paraître anodines à certains, mais qui sont indispensables à la démocratie locale». En l'occurrence elles semblent surtout indispensables à l' «entreprise familiale Fillon».

Pour minorer le volume des sommes en question, M Fillon parle du «salaire net en moyenne». Ils ont peut-être touché le net mais l’État, donc les contribuables, ont payé le brut.

Pas un mot sur la collaboration littéraire de Madame Fillon à la Revue des Deux Mondes (deux notes de lecture, pour un salaire entre 2012 et 2013, de 100.000 euros brut).

Et pour conclure M Fillon, après l'acte de contrition voilà qu'il refait le numéro de la presse débridée qu'il préférait voir bridée ou en tout cas mesurée, c'est à dire sans rien dire:

«La presse naturellement doit relater les événements (...) Mais lyncher, assassiner politiquement – comme finalement vous l’avez fait pendant dix jours – un candidat à l’élection présidentielle, je pense que ça pose un problème, ça pose même un problème démocratique». C'est vrai, ça pose un problème démocratique ces pratiques et cette utilisation des fonds publics qui corrompent la démocratie. Heureusement que la presse joue un rôle important d'alerte contre ces abus et ces détournements auxquels M Fillon et son entreprise familiale, ne semblent pas étrangers.

* Étourderie : erreur faite par inadvertance...

 

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