« Corbeil » de crabes! (Dassault.2)

L'ouverture du procès de l'achat de votes à Corbeil-Essonnes, s'est fait lundi, 5 octobre, en absence du principal “intéressé”. Celui qui a mis en place le système, Serge Dassault, est mort (28 mai 2018). Ce sont ses collaborateurs, dont J-P Bechter, devenu Maire à sa suite qui répondront aux questions du Tribunal sur la méthode de corruption électorale de “l'entreprise” Dassault.

Le panier de crabes Peinture par Nicolas Péché | Artmajeur

Huile de Nicolas Péché, merci!

Maire de Corbeil-Essonnes pendant presque quatorze ans, Serge Dassault (à l'image de son père Marcel dans l'Oise) a “généreusement” distribué de l'argent et des petites avantages en nature à certains habitants de Corbeil, un système de clientélisme, souvent dénoncé, jamais véritablement mis en cause ni par la justice ni par ses amis politiques qui couvraient ce que tout le monde savait.

Deux élections municipales ont été annulées en 2008 et 2009 et c'est finalement en 2010 que son dauphin est élu Maire, poste qu'il a gardé jusqu'aux dernières élections municipales de juin 2020. J-P Bechter était un ancien numéro deux du douzième arrondissement, fidèle sous-préfet au temps de Chirac.

L'acte d'accusation note que, alors que le plafond des dépenses électorales pour cette ville est de 84.600€, le système  Dassault a contribué à la hauteur de 137 mil euros en 2008, 2,5 millions en 2009 et plus d'un million en 2010 pour garder les clés de la ville.

Et les méthodes étaient simples, du liquide, des subventions associatives, des faux prêts et, comme souvent “l'argent corrompe”, des jalousies, des passe-droits, des violences parmi les bénéficiaires ayant parfois conduit au drame, flirtant souvent avec une sorte de ''mafia'' qui avait, via le filon Dassault prospéré dans les affaires.

Pendant trois semaines, nous allons apprendre tout sur les techniques, les accommodements, les arrangements à tous les échelons de la ville, les comptes des fondations au Liechtenstein par où transitaient les porteurs de valises remplies de billets pour M. Dassault.

Au fond, pourrait-on se dire c'est le procès d'un gros bonnet de plus, qui s'est bien servi pour s'imposer dans une élection municipal. C'est vrai mais il s'agit d'un personnage bien intégré dans les cercles du pouvoir, bénéficiant en priorité des marchés publics avec ses avions pour l'armée (donc avec l'argent des contribuables). Il s'agit aussi d'un administrateur de Socpresse, du Figaro, de la République de l'Essonne, une presse fidèle dans les affaires de l'aviateur...

En janvier 2014, sous la période Hollande, le bureau du Sénat, alors présidé par le socialiste J-P Bel, a rejeté, la demande de levée de l'immunité parlementaire de Serge Dassault (UMP), dans le cadre d'une enquête sur des achats présumés de votes à Corbeil-Essonnes.

Dans un billet, Les «tricheurs» de Corbeil-Essonnes! , de mars 2010, je concluais: Ce sont "ces tricheurs" et ses comparses, de tout bord, qui contribuent au slogan "tous pourris!" et minent les bases même de la démocratie!

Les droites s'indignent sur les incivilitésde la population et des jeunes, de plus en plus croissantes, mais elles ne ce sont jamais indignées de celles, d'une autre nature, qui contribuent à corrompe la République!

* * en janvier 2014:

« Corbeil » de crabes!* (1)

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