La presse-magazine au secours du ministère de l'intérieur ?

Le ministère de l'intérieur a un ministre et une ministre déléguée à la citoyenneté. Le premier est sous pression la seconde s'occupe par tweet... Le premier est en couverture de Paris-Match (oui celui du poids des mots... choque des photos), la seconde est en couverture de M, le magazine du Monde (le journal de référence du soir) avec onze photos à la Une et huit à l'intérieur. Chapô, l'artiste!

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Au fond ce n'est pas très important, le contenu. Ces magazines là ne semblent pas faits pour cela mais dans la « tourmente de Darmanin » et les sorties de Schiappa (se plaignait récemment d'être le «punching-ball, du premier-ministre »), le fait que les deux publications (vraisemblablement sans concertation) aient choisi d'honorer, la même semaine, les titulaires de la place Beauvau ne laisse pas indifférent.

« C'est bon pour nous ma cocotte » aurait exclamé G, « et moi tu as vu, onze poses très clean à la Une »... lui aurait fait remarquer M.!

Bien sûr le plus politique c'est le poids des mots, GM « l'épreuve du feu, ''je n'abandonnerai pas les policiers'' ». Le plus chouchou c'est le Magazine M... qui conclut par les projets de MS « Je ne pense pas faire de la politique très longtemps. Je n’étais pas construite pour être là. » Et pour faire quoi, alors ? Écrire des livres à temps plein, l’autre rive de sa vie, « et, pourquoi pas, rédiger des portraits pour M Le Monde ! »

Tout ceci est bien entendu dérisoire, sauf que ce sont ces organes d'information qui inondent le marché et qui ont pignon sur rue si on peut dire. Surtout révèlent sinon l'état de la presse, au moins la course à faire allégeance au pouvoir en questionnement.  

Est-ce l'actualité qui fait ces "confrères" ouvrir les deux magazines à propos des violences policières dont ce ministère est comptable ? Ou est-ce le sort des deux illustres-personnages qui taraudent ces rédactions prestigieuses ?

Et on comprend que le grand hebdomadaire ait donné une grande visibilité au ministre de la Place Beauvau, pour le conforter dans ses affaires de justice. Trop pris, il n'a pas pu se rendre à la convocation des juges d'instruction, audition de mardi dernier comme témoin assisté dans le cadre des accusations de viol, selon BFMTV. D'ailleurs l'audition a été reportée sans date connue.

C'est vrai qu'en plein débat sur la loi de sécurité globale, la convocation et son report soulève la question de la crédibilité et de la légitimité du ministre. Comme on sait, les investigations sont menées par les services de police dont il est l'autorité hiérarchique.

Tout ceci bien entendu, n'a rien à voir selon les sources autorisées. Certes il est ''présumé innocent'', et il est de la connaissance publique qu'il a usé de sa place d'autorité d'élu pour bénéficier des faveurs sexuelles d'une personne en quête d'une intervention de sa part.

Et puisque le président l'a nommé ministre, normal pour un grand journal de le mettre à la Une !

Les violences policières sont là, la toute puissance de la force publique, l'impunité depuis des années ne sont plus à prouver. Et quand en haut-lieu on fait semblant de trouver qu'il y a en effet un problème, les syndicats de police se lèvent, vent debout niant l'évidence et menaçant de riposte.

Heureusement que la presse magazine du week-end est là pour nous montrer la « bonne bouille des ministres », comme s'ils disaient « tout ça n'est pas très grave, bon dimanche ! »

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