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Billet de blog 7 sept. 2020

Comme un rêve d'enfant, la “Yourte”...

Les rêves d'enfant restent pour toujours, nous câlinent longtemps. On ne sait pas quand ils se réaliseront et un jour ils éclosent, comme une promesse qui nous tient, nous forge et nous accomplit. Ces quatre enfants là, dans le vacarme d'un soir d'été 98, alors que le foot s'impose comme exigence nationale, elles et ils se jurent “un jour on vivra toutes et tous ensemble dans une Yourte!”

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Et nous voilà partis, quelques années plus tard, en joyeuse et impertinente compagnie pour assister et vivre la mise en place de la Yourte et de la communauté qui l'anime. Elles et ils y arrivent en ordre dispersé nantis d'autres séquences de vie et désireux de découvrir un autre versant. Rupture, peut-être mais un grand espoir!

C'est que “quitter la ville, troquer mille supermarchés pour un potager, larguer patrons, voitures, ordinateurs, smartphones, argent, et ne viser plus qu’un seul but ensemble : la cohérence”, ce n'est pas chose facile. C'est qu'il faut apprendre à vivre avec d'autres codes, d'autres rapports, d'autres énergies.

Parfois ça dérape, parfois on se ferait bien une petite entorse pour un burger, petite escapade en bagnole, bref un clin d’œil au monde d'hier... Et pourquoi pas pourvu qu'on se le dise, qu'on se cause, qu'on l'assume... et puis non ce n'est pas une bonne idée.

Tout compte fait c'est quand même génial ce qu'on a réussi en autonomie, en créativité et oui, on c'est un peu (pour les unes ou les uns) beaucoup (pour d'autres) questionné, causé, interpellé, inventé, changé!

C'est cette vue de l'intérieur du groupe, généreusement exposée à l'extérieur qui nous accroche et nous rend presque envieux pour rentrer dans la Yourte ou créer la nôtre, en sortant, avec d'autres.

Elles, ils, savent que nous courons à notre perte, que nous détruisons, que nous exploitons tout autour de nous, sans mesure, sans état d'âme, sans autre vision que celle du court terme... et c'est on ne peut plus actuel. Comme si leur travail de création débuté en 2017 anticipait avec justesse l'intuition de ce qui nous attendait en 2020. L'origine de la crise sanitaire et sociale d'aujourd'hui est bien la suite de ce dont elles s'inspiraient pour nous alerter avec humour et profondeur.

Elles (les auteures Gabrielle Chalmont et Marie-Pierre Nalbandian) ne nous assènent pas ce qu'il faut faire ou ce qu'il faut dire, mais nous racontent comment elles voudraient transformer ce monde ''face aux menaces écologiques et les enjeux politiques qu'elles sous-tendent''. Sans vérité indiscutable, au contraire “confronter les utopistes aux fatalistes, les optimistes aux sceptiques”.

Et la troupe Les mille Printemps par une mise en scène (de Gabrielle Chalmont) énergique et sensible et une scénographie opportune dans ses mouvements de construction (une maestria dans la manipulation des bambous) nous divertit autant qu'elle nous donne à réfléchir ou vice-versa. Ses cinq comédiennes (qui nous avaient déjà fait apprécier Mon Olympe[*], leur précédent spectacle) plus trois comédiens nous engagent sur des sentiers de “pensée” qui viennent titiller nos certitudes, nos doutes, nos envies et, qui sait, peut-être réveiller  nos rêves d'enfant endormis quelque part en nous. L'accompagnement musical nous entraîne du fond sonore super connu vers la découverte d'autres couleurs à entendre... (même si parfois rend la voix des interprètes moins audible, sans doute à ajuster au fil des spectacles).

Et puis, aller au théâtre est une contribution forte pour surmonter la crainte de ce “virus” qui traîne et traînera encore. Et au *Théâtre 13 / Seine* tout est prêt pour nous accueillir, avec masque et la distance raisonnable!

Jusqu'au 27 septembre, au Théâtre 13 à Paris, avant une tournée qu'on peut consulter dans leur site Les mille Printemps | Compagnie de Théâtre

*  *   Mon Olympe [*] Nuit blanche “féministe” dans un jardin public!* que j'avais vu au Théâtre Belleville en février dernier.

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