Un “virus” peut en cacher un autre!

Alors qu’un “virus” fait le tour de la terre, le Covid-19, pendant ce temps-là, les “virus” de l'hexagone,  qui étaient là avant, continuent de prospérer et les échéances se précisent…

Manifestation à Marseille, le 2 mars.

Manifestation à Marseille, le 2 mars. merci à  Pascal Pochard-Casablanca / AFPA 

Un, était hautement fiévreux, et est finalement passé et voté à l’Assemblée à la majorité absolue moins une voix. C’est le 49-3, qui confirme le caractère autoritaire, hautain, d’un quinquennat qui se complaît dans le passage en force, dit “démocratique”, de mesures, de lois, de réformes qui, pour l’heure, contribuent davantage au clivage, à la tension et au démantèlement de mesures sociales, dans une recherche permanente d'apporter des bénéfices au pouvoir économique et financier qui a contribué à son élection de mai 2017…

Le “virus” de la braderie de l’État

Un autre “virus” approche de sa date fatidique, le 12 mars 2020! Celui des braderies de la Macronie, le “virus” de la privatisation des Aéroports de Paris, après que la Française des Jeux soit passée à l’as dans les “griffes” du marché et entré en bourse (les pauvres “casquent” au grattage et les boursicoteurs “s’empiffrent” au tirage).

Pour les aéroports de Paris, un référendum d’initiative partagée (RIP), afin que la population donne son avis sur la privatisation totale d’Aéroport de Paris, ADP, projet contenu dans la loi PACTE, a été ouvert en juin 2019 et 4 millions d'électeurs devaient s'y inscrire avant le 12 mars prochain. À ce jour (fin février) il n'y a que 22,3 % soit 1 052 146 soutiens publiés... Là aussi le “virus” semble résistant et dans quelques jours les jeux économiques du tandem Bruno Le Maire-Emmanuel Macron réussiront à vendre une affaire alors qu'elle est plutôt rentable pour les finances publiques.

D'ailleurs l'actuel PDG d’Aéroports de Paris, Augustin de Romanet a été condamné, sans bruit, le 15 janvier 2020, par le tribunal judiciaire de Paris à 5 000 euros d’amende, dont 2 000 euros avec sursis pour recel de violation du secret de l’enquête (voir ici: la très discrète condamnation du PDG d’ADP.). Ce n'est pas le journal de 20 heures qui a diffusé la nouvelle, la Macronie restant ferme sur les termes de la “braderie”. Qu'il y ait un “marron” dans ces équipes, ce n'est pas cela qui empêche le quinquennat de se dérouler!

D'autres “virus” collent à la peau de la Macronie mais l’exécutif n'a que faire des multiples contestations professionnelles ou des mises en garde d'experts ou spécialistes, parfois issues de ses propres rangs des ex-conseillers voire rédacteurs de son programme.

Un “virus” anti Gilet Jaune

Et c'est un “virus” qui se propage régulièrement depuis 69 samedis, celui des violences policières, dont d’innombrables exemples nourrissent la violence que chacun peut constater dans la vie sociale et politique. Le pouvoir n'est pas venu à bout des oppositions, sans apporter de réponse politique aux problèmes posés notamment par les Gilets Jaunes.

En revanche sa police a réussi à déclencher un puissant mouvement de “détestation” des forces de l'ordre, pourtant nécessaires dans un état de droit mais qui se comportent ici comme le bras armé d'un pouvoir qui suscite des violences et des colères.

Selon le journaliste David Dufresnes, à ce jour il y a eu, du fait de la police, "880 signalements; 2 décès; 325 blessures à la tête; 26 éborgnés; 5 mains arrachées"... Le pouvoir nie le terme mais on peut se demander s'il s'agit de "violences policières ou mauvais endroit au mauvais moment" pour les "648 manifestants dont 121 journalistes, 49 mineurs et lycéens, 33 assistants médics, 29 passants".

Le gouvernement nous alerte sur le Coronavirus, et sans doute est-il nécessaire d'être vigilants, face à l'épidémie dont les “tentacules” invisibles s'infiltrent de plus en plus partout dans le monde. Mais cette crise qui s'annonce et qui est là, n'a pas empêché le “virus” de la violence policière de s’abattre sur des manifestantes pacifiques la veille du 8 mars. Comme depuis 69 samedis.

Et outre les manifestations il y a aussi les “bavures”, surtout dans les quartiers populaires dont l'affaire Adama Traoré ou Théo, mais aussi le film “Misérables” ce sont des illustrations qui exigeraient que le pouvoir politique prenne des mesures sur les actes et les pratiques de sa police.

On peut se poser la question, vu le comportement systématique de la police lors des manifestations s'il n'y a pas lieu d'interpeller l’État sur la politique du maintien de l'ordre. Mais aussi si le corps de la police n'est pas infiltré par l'extrême droite pour se sentir aussi désinhibée dans l'exercice de sa mission qui est ou devait être, celle de la protection du citoyen et du maintien de l'ordre publique. On sait que plus de 50 % des policiers et gendarmes voteraient pour l'ex FN le Rassemblement National.

Si les députés et sénateurs, pourtant au courant des dérives violentes de la police (voire le récent reportage de Mediapart sur Les pratiques «illégales» du préfet Lallement. ) ne soulèvent pas la question en vue de la création d'une commission parlementaire sur la violence exercée sur la voie publique par la police est-ce que nous, citoyens, ne serions pas en capacité d'exiger ou de créer une “commission d'enquête citoyenne” ? Ne faudrait-il pas envisager de mettre sur la place publique “le livre noir de la police française sous Macron”?

 

Réforme des retraites : Covid-19 + 49.3 = La manipulation de trop? Le scandale de trop? photo in actudaily*  

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