Chiche, alors!

«Est-ce que vous seriez d'accord, pour revenir chaque année de votre quinquennat et on fait l'examen du bilan? -Chiche. «Et bien banco!» A la question de Plenel, Macron répond, "Chiche"...! Voilà comment est venue, invitation d'un côté et promesse de l'autre. C'est donc un entretien où le candidat d'alors, devenu président se souvient de son «chiche» et saisi l'opportunité d'une semaine chaude.

La rédaction de Mediapart a publié un article Entretien avec Emmanuel Macron,   pour expliquer le déroulement de cette "presque" invitation. On peut discourir sur les arguments mais le résultat c'est que la rédaction en a décidé ainsi. Et il ne me paraît pas très astucieux de dire  "qu'il 'est évident que Mediapart a beaucoup à perdre et pas grand chose à gagner, si ce n'est le fait de ne pas nous dérober." Comme si exercer son métier était un risque à faire perdre!!!

Mais ce n'est pas un concours ou un pugilat. C'est un entretien à un homme politique, fut-il président, où les questions à poser concernent les choix et l'application de sa politique et sont inspirées par tout ce que ce journal publie, ses regards, ses jugements, voire ses parti pris.

Les commentaires des abonnés à cet article sont majoritairement critiques, parfois avec pertinence, souvent avec dédain voire suspicieux. Je préfère les pertinents.

Mais au fond il me paraît qu'un journal comme Mediapart qui est aussi une initiative éditoriale qui vit de son travail d'investigation, d'information et de lieu de parole et de débat, porté aussi par ses lecteurs-abonnés, l'entretien avec Macron ou tout autre responsable politique me paraît utile et nécessaire.

Les questions, vues du côté de Mediapart, j’anticipe qu'elles seront à la hauteur de l'enjeu et dans le prolongement de ce que Mediapart a, en invitant le candidat, engagé comme analyse critique depuis qu'il est devenu président.

Qu'il n'ait pas besoin de Mediapart pour s'adresser aux citoyens, aux électeurs, lui qui a verrouillé sa façon de donner à voir la présidence, me paraît en effet exacte. Mais l'important me paraît plutôt qu'avons nous besoin de savoir et ce seront les questions, les remarques et les objections de Mediapart qui permettront, peut-être pas aux informés que nous pensons être, mais à un public plus large sur ce que le Macronisme veut imposer et poursuivre comme politique.

Que Mediapart y participe, et en quelque sorte soit ainsi reconnu, me semble plutôt positif vis à vis du droit d'informer et de l'exigence de savoir. Rappelons qu'il y a à peine quinze jours, sur TF1 , l'ancien président, Sarkozy l'a gravement mis en cause citant "d'abord une "bande d'assassins", des proches de Khadafi, puis "les gens de Mediapart", et enfin, "les affidés du régime déchu de Khadafi, dont le plus visible Ziad Takieddine".

Cet entretien n'enlève en rien la dénonciation des projets migratoires du ministre de l'intérieur, les abus commis contre les migrants de la Roya à Calais, le démantèlement sournois du service public, l'utilisation abusive d'un statut de cheminot alors que c'est le rail et les transports ferroviaires (et pas seulement) qui ont besoin de qualité au service du public, l'incompréhension grandissante face à la jeunesse étudiante, la violence contre des citoyens qui envisageaient et commençaient à mettre en place un autre projet agricole... et c'est peut-être parce que Mediapart sera présent que ces interrogations seront soulevées et peut-être «entendues» par beaucoup de téléspectateurs pour la première fois.

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