“Intraitable”... et “In-traitées”!

C'est sur le plateau de Mediapart, que le ''presque'' président avait clamé haut et fort, le 5 mai 2017, «Je le redis ici, je serai intraitable, [sur les violences policières]… qu’il y ait des procédures judiciaires et il faut ensuite qu’il y ait une responsabilité policière et administrative quand il y a des comportements déviants.» En effet les violences policières ont été in-traitées...

On pourrait dire qu'ils aiment le mot. Le premier-ministre avait aussi utilisé ce mot “intraitable”, devant l'Assemblée disant que le gouvernement serait "intraitable" face aux "factieux" et aux "casseurs" (5 déc 2018).

Pour le ministre de l'intérieur “La police sera intraitable”... "Sur les fausses attestations, la peine va jusqu'à un an de prison et 15.000 euros d'amende". (19 mars 2020).

Mais faute de le reconnaître, de le nommer pour pouvoir s'attaquer à la racine de ce virus”, ce gouvernement a laissé prendre une ampleur contaminante aux méthodes et pratiques des forces qu'on dit de l'ordre.

Le meurtre de George Floyd aux Etats-Unis a suscité et suscite toujours des mouvements forts de contestation et de rappel des actes violents et racistes de la police en France dont Adama Traoré ou Wissam à Clermont-Ferrand réveillent les consciences!

Les récentes révélations de Mediapart et de Streetpress sont venues confirmer l'existence et la banalisation du racisme au sein de la police. Surprenant que les services de renseignement dont l’État s'entoure n'ait pas été en capacité de ''dénicher'' un groupe Facebook de 8 mil fonctionnaires de la police et de la gendarmerie dont les thèmes favoris seraient le racisme envers les noirs, les arabes, les juifs et des propos homophobes. Des thèmes punis par la loi!

On connaît et on sait les difficultés des populations des quartiers dits populaires, où des jeunes laissés pour compte du système scolaire sont confinés dans le cycle infernal de l'oisiveté et de la petite délinquance...

Mais on sait aussi que cette violence policière ne s'exerce pas seulement dans les banlieues déshéritées. Rappelons le travail du journaliste David Dufresnes, qui faisait état, en février dernier de "880 signalements; 2 décès; 325 blessures à la tête; 26 éborgnés; 5 mains arrachées".

Quand le ministre de l'intérieur dit que les déclarations de Camélia Jordana (“il y a des milliers de personnes (dont elle-même) qui ne se sentent pas en sécurité face à un flic”) sont des “propos mensongers et honteux”, on a du mal à croire à sa volonté d'une tolérance zéro contre le racisme dans notre République”(8/06/2020).

La couverture par le ministre des actes violents de la police et le discours du président considérant qu'il est «inacceptable dans un État de droit» de parler des «violences policières» (mars 2019), contribuent au déni et, de ce fait au non traitement de la question qui pourtant, depuis plus de 80 samedis est un des versants policiers contre le mouvement des gilets jaunes.

Ils ont ''raison'' ces messieurs du pouvoir «... il nous faut être intraitables avec ce quinquennat qui outre les victimes de ses flash-ball, par sa politique fait le lit de l'extrême-droite dont certains syndicats de la police semblent en partenariat».

 

Violences à La Réunion : Emmanuel Macron sera "intraitable"

A la Réunion aussi le gouvernement est intraitable... avec le maire Joseph Sinimalé, de Saint Paul, qui a été entendu en garde à vue, ainsi que sa fille, adjointe à la mairie, à propos de l’embauche de son gendre comme chauffeur. Ils risquent des poursuites pour prises illégales d’intérêts. Pour le second tour le maire LR est soutenu par «ce gouvernement intraitable» via son agence En Marche!

Rappelons que le «casier judiciaire de Joseph Sinimalé, 77 ans, mentionne ainsi onze condamnations, entre 1998 et 2005, liées à sa gestion des fonds publics. Il avait effectué treize mois de prison à la fin des années 1990» selon Le Monde, cité par Anticor.

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