Honte, Mépris! (et petit mensonge en prime)

La première sortie en banlieue du nouveau ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux a été pour rendre visite au peloton de gendarmerie de l'Isle-Adam, à dix minutes de Beaumont sur Oise, là où Adama Traoré est mort, dans les locaux de la gendarmerie le 19 juillet 2016. Une honte pour ceux qui représentent l’État et quel mépris devant un drame, quelques soient les questions soulevées.

On sait que les investigations progressent et que le tissu d'approximations, de mensonges officiels mettent de plus en plus en cause la version hâtive de la justice. Affaire exemplaire, si on peut dire, où la maire de Beaumont sur Oise, Nathalie Groux, n'aurait pas eu un mot de compassion avec ce drame concernant une famille installée depuis plus de trente ans dans sa commune. Exemplaire aussi par le fait, sans précédent d'un ministre de l'intérieur, M Cazeneuve, promu à premier ministre récemment, qui a développé, en réponse à une question d'un député, toute un discours pour défendre les gendarmes. Pas un mot, pas une seule référence à la mort d'Adama Traoré, qui était pourtant l'objet de l’interpellation.

Toujours faisant œuvre d'utilité publique, le site @rrêt sur images de ce jour consacre son émission à Assa Traoré : "On a établi un rapport de force avec les médias", La sœur de Adama Traoré revient sur son combat. À voir de toute urgence ! http://www.arretsurimages.net/emissions/2016-12-09/Assa-Traore-On-a-etabli-un-rapport-de-force-avec-les-medias-id9378

«Rien n’arrêtera Assa Traoré dans sa quête de vérité sur les causes du décès de son frère Adama. Rien. Sa force balaie tout. Sa parole est cristalline. Sa volonté de fer. Nous le sentons sur le plateau. Assa Traoré a accepté immédiatement notre invitation. "Parce que c’est vous" a-t-elle expliqué au téléphone. Parce que je l’avais rencontrée cet été. Parce que j’avais fait le voyage à Beaumont-sur-Oise – ville de son frère et d’une partie de sa famille – pour l’écouter. Et non l’entendre. Écouter sa douleur. Mesurer son combat naissant contre la machine étatique et médiatique. Recueillir ses mots tout comme l’ambiance autour de ce banc du quartier de Boyenval où nous nous sommes assises et puis les retranscrire le plus fidèlement possible.

 Pour les non-abonnés, j'insère quelques extraits de l'article d'Anne-Sophie Jacques dans le premier commentaire.

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 Mensonge ou à peu près?

Accessoirement, (pas tant que ça tout de même), concernant les titres universitaires du nouveau ministre de l'intérieur,  un fâcheux mensonge, une étourderie nous dit-on, le présentait comme un ancien élève d'HEC et de l'ESSEC. Mais il ne figure pas dans les fichiers de ces prestigieuses institutions. Selon Marianne, son cabinet aurait dit que le ministre «n'a jamais validé cette biographie. Une erreur d'interprétation aurait été commise par rapport au fait que le ministre est titulaire d'un DEA de stratégie et management à l'Université Paris-X, "en partenariat avec HEC et l'Essec". De son côté, le groupe socialiste confesse ne pas avoir vérifié l'information avant de la relayer sur son site. Cela paraît normale quand on est toujours dans l'interrogation sur les titres de M Cambadélis!

Quel démarrage en fanfare pour ce fidèle du Président!

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