Un “bavard”... bien silencieux!

Certes, ce n'est pas son “rayon” mais qu'il est silencieux ce “bavard” ministre de l'éducation, alors que quatre collégiens de 14/15 ans ont passé 24 heures en garde à vue au Kremlin-Bicêtre, pendant lesquelles ils ont subi des insultes racistes et homophobes, dans la dernière semaine de mai.

Il n'avait pas eu grand chose à dire quand des lycéens ont été mis à genoux à Mantes-la-Jolie, À Mantes-la-Jolie, ''oui, la police a menti''!* en quelque sorte la pédagogie par l'humiliation...

Ce mardi 26 mai, après-midi, "ils étaient heureux, tous les quatre, de se retrouver après les longues semaines de confinement. Ils s’étaient donné rendez-vous à 14 heures, sont allés au Franprix du coin acheter des boissons. Et puis un paquet de bonbons aussi. Avant de revenir devant l’immeuble de l’un d’eux. "On a vu des personnes arriver", raconte Raphaël, "ils nous ont fouillés, contrôlés". "Ils nous ont interpellés, mais ils ne nous ont pas dit pourquoi", poursuit Sadi. "On avait juste peur, on ne savait pas comment ça allait se finir".

A lire d'urgence et à faire savoir l'article de Michel Deléan : Insultes racistes et homophobes, garde à vue injustifiée pour des mineurs du Val-de-Marne* une enquête Mediapart et France Inter avec Charlotte Piret.

L'avocat des familles, qui ont déposé plainte auprès du TGI de Créteil, Jérôme Karsenti (un des avocats d'Anticor) décrivait bien cette réalité longuement niée par le ministre de l'intérieur : "On a clairement deux blocs qui s’opposent : celui de la police qui estime qu’elle a tous les droits et, dans l’autre, le sentiment que le policier, puisqu’il ne respecte pas la loi, n’est plus légitime. Lorsque on injurie des jeunes, on les violente, on fabrique du trouble à l’ordre public".

On peut comprendre que le ministre de l'éducation évite de se “mouiller ou de se mêler” d'une affaire d'ordre public, mais cela reste surprenant que ce ministre dont la presse décrit que «M. Blanquer serait un ministre ''bavard''», ne soit pas venue parler de l'école de la confiance, son dada-communicant. Quelle confiance et quel exemple pour des jeunes écoliers dont la première rencontreavec la police est dans l'arbitraire, l'insulte, la violence et hors-la-loi.Sans empiéter dans le territoire de son collègue, un ministre ne peut pas rester "indifférent ou muet" devant cet acte qui va au-delà du racisme, il est l'expression de l'état d'esprit des troupes de Castaner & Compagnie!

Le président, selon le Monde, craint un vent de révolte : «Il ne faut pas perdre la jeunesse»”: «On a fait vivre à la jeunesse quelque chose de terrible à travers le confinement : on a interrompu leurs études, ils ont des angoisses sur leurs examens, leurs diplômes et leur entrée dans l’emploi. Il est normal qu’ils trouvent dans la lutte contre le racisme un idéal, un universalisme », Au-delà des mots, c'est le futur du pays qui devrait guider l'action et l'engagement pour la jeunesse. Ni le ministre de l'intérieur ni celui de l'éducation ne semblent pas être dans le même tempo!

Concluons avec l'article de Mediapart : « Raphaël, pour sa part, veut toujours devenir policier : « Parce que, même si c’est grave, ça m’a montré ce qu’il ne faut pas faire. » « J’ai la haine, dit l’adolescent, en repensant à ceux de la BAC qui l’ont arrêté. J’aimerais bien les voir, les regarder dans les yeux et leur dire : “Vous n’avez pas honte ? Vous représentez mal la police. »

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