« L'indignité » d'une rectrice!

La participation de trois mères d'élèves, « a gâché » la visite de la Charline Avenel, rectrice de l'Académie de Versailles, à Clamart. Il s'agissait d'un déplacement autour des ateliers sur le harcèlement à la maternelle Charles-de-Gaulle à Clamart. Quel événement, quel reproche, quelle faute commirent-elles? Elles étaient voilées!

Qui ou quoi peut gâcher la journée d'une rectrice : ''la vue d'êtres humains'' habillés différemment dont l'accoutrement signifie qu'elles ne sont pas trop catholiques! Comment est-ce possible que des personnes investies d'un rôle important dans une Académie à qui sont confiées les orientations, la gestion, le cadre institutionnel chargé du devenir des générations futures, peut à ce point mépriser, tourner le dos à des mères d'élèves comme si elles étaient des pestiférées?

Ce sont des parents d’élèves en grande section de maternelle, qui jouent les co-animatrices, prenant en charge plusieurs élèves et par leur intermédiaire, avec les professionnels de l’Éducation Nationale, montrent aux enfants comment se respecter les uns les autres.

Puisque la rectrice y faisait une visite, accompagnée de la directrice académique Dominique Fis et du maire de Clamart Jean-Didier Berger, la directrice de l'école avait sollicité les mères disponibles pour participer à ce moment ''officiel'' et montrer l'engagement des parents à la vie scolaire.

Pour la la rectrice de Versailles, avait la vue ''gâchée'' dans son horizon..., ses déclarations montrant l'étroitesse de l'horizon: «La règle est claire, nous sommes sur le temps scolaires, à l’intérieur de l’école, les signes religieux ne sont pas admis», justifie Charline Avenel auprès du « Parisien », qui ajoute «la joie de ce déplacement sur un thème important, le harcèlement, a été gâchée».

On pourrait penser, on s'y attendrait, il semblerait le plus pertinent, que la laïcité soit une valeur humaniste, qui s'affirme par le dialogue, la rencontre, l'intelligence et le respect de l'autre à partager par toute une société. Cela ne paraît pas, à l'évidence, faire partie des compétences humaines de Madame la rectrice. La pédagogie étant l'art de transmettre, d'échanger, de faire comprendre, de pouvoir aussi apprendre en partageant.

Ce n'est pas une position de classe, comme on pourrait se laisser aller à dénoncer. C'est au-delà, il s'agit de l'expression même d'une absence d'humanisme, que la présence d'une mère d'élève gâche la joie de la rectrice.

Mais d'où vient tant de lucidité de la part de Madame la rectrice ?

Madame Avenel a été nommée le 28 octobre 2018, rectrice de l'Académie de Versailles. Sa nomination n'allait pas de soi pour des questions de réglementation, mais un « décret présenté en conseil des ministres, le 3 octobre, et publié au Journal officiel jeudi, rehausse le seuil en question de recteurs atypiques de 20 % à 40 %, et supprime les deux conditions jusqu’ici requises pour les nommer : avoir au moins dix ans d’expérience dans l’éducation, ou trois ans comme directeur d’administration centrale notamment » selon Le Monde.

Non, ce n'est pas un passe-droit, d'ailleurs son collègue de promotion à l'ENA, Emmanuel Macron, n'y est pour rien. C'est le ministre Blanquer qui l'a proposé, selon l’Élysée, cité par Le Monde du 4 octobre 2018 Le gouvernement change les règles de nomination des recteurs* d'après l'article de Mattea Battaglia et Camille Stromboni

La boucle est bouclée, la rectrice Charline Avenel, (très diplômée, Sciences Po, ENA, promotion Senghor, celle du président) s'estimera fière d'être à la Une et contribuer à la stigmatisation des personnes qui ne lui conviennent pas et de participer au clivage social et politique, dont son camarade de classe, devenu président, cherche à imposer pour éliminer tout ce qui puisse, tant soit peu, s'opposer à sa stratégie.

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