«Apparition» du Pape François à Fátima!

C’est l’année du centenaire voire des centenaires. Outre celui de la révolution russe et soviétique, février et octobre 1917, il y a aussi Fátima au Portugal. Là-bas, à l’extrême de l’Europe de l’ouest, la Virgem Maria est apparue à trois jeunes bergers, le 13 mai 1917, avec des messages pour «sauver l'âme des pêcheurs». Et le Pape François, Francisco, y sera pour dire la messe en portugais.

Dans ce petit pays, « coincé entre le puissant voisin espagnol et l'immensité de l'océan », jeune République âgée de sept ans (instaurée le 5 octobre 1910) trois petits bergers, dans une région rude, ont vu l’apparition d’une dame toute blanche vêtue, sur le cime d’une azinheira (chêne vert), qui s’est présentée Maria, la Vierge, mère de Jésus.

Et ça tombait bien, les hérétiques prenaient le pouvoir, la guerre sévissait meurtrière (les portugais ouvraient les tranchés à Verdun à côté des bretons) et loin, la Russie risquait de devenir la patrie des bolcheviques.

C’est ainsi que l’apparition de la Vierge à Jacinta, Francisco et leur cousine Lucia est devenue un miracle, symbole de la foi des simples dans ce lieu de labeur au centre du Portugal.

Encore aujourd'hui le «miracle» reste suspendu à des multiples interprétations, souvent y compris dans les milieux catholiques étant davantage identifié comme une «suggestion», dont cet énorme brasier qu'ils auraient vu le 13 mai, représentant l'enfer, s'est imprégné dans l’imaginaire des enfants. Ils seront les protagonistes pendant six mois, tous les 13 jusqu'en octobre 1917, d'une affluence de villageois et progressivement des responsables de l'église.

L'histoire de l'apparition à Fátima  est remplie de «certitudes et doutes» étant, bien entendu, superflu de confirmer ou infirmer l'événement. Il reste le fait que toute une population s'est construit une croyance qui conforte leur foi. On évoque souvent le fait que le curé du lieu n'a adressé son rapport à Lisbonne à l’Évêché, qu'en 1919, c'est à dire deux ans après. Il a fallu ensuite huit ans pour que la conclusion de la commission «de dépouillement des faits», constituée par l’Évêque de Leiria (secteur compétent), leur soit rendue, en avril 1930.

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Aujourd'hui Fátima va recevoir le Pape François (en portugais Francisco comme le petit berger) et plus d'un million de personnes y sont attendues dans un regain de manifestation publique de la foi dans un lieu de marchandises où, pour l'occasion les rares chambres se louent entre 400 et 1600€.

En novembre dernier, le curé  Mario de Oliveira da Lixa, un des ecclésiastiques les plus critiques contre «le miracle» avait lancé une pétition pour demander au Pape de renoncer à cette visite qui vient crédibiliser le «miracle». Avec le musicien Pedro Barroso, l'avocat Carlos Tomé et autres : "Ce n'est pas une critique religieuse, chacun croit en liberté, mais il est clair que le miracle est une arnaque, une imposture, un mauvais scénario d'une centaine d'années, le temps suffisant pour qu'il ait été démasqué et qu'aujourd'hui est devenue une entreprise".

Les signataires veulent, «...attirer l'attention du Pape François, puisqu'il insiste pour venir à Fátima qu'il apporte le fouet, comme Jésus-Christ pour chasser les marchands du temple, car il s'est converti en un cirque de divers expédients. Nous ne parlons pas religion, mais surtout de commerce».

Et l’événement est d'autant plus relevant que les fonctionnaires portugais, d'un État laïque, bénéficient ce vendredi d'une journée de congé pour y aller ou suivre, de loin, la visite papale.

On est loin de l'opium du peuple, c'est l'époque du peuple consommateur de toutes marchandises et de tous les biens y compris spirituels!

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