Du côté de la Porte Dorée (3): la paix en soi, la paix dans le monde

Il n'y a pas que le foot dans l'actualité, même si mon dernier billet était sur la «coupe au monastère tibétain»... Ainsi du côté de la Porte Dorée à la Pagode (Paris 12ème), les 14 et 15 juin c'est le 14ème festival du Tibet et des Peuples de l'Himalaya. Et le dernier week-end de juin (du 27 au 29), toujours à la Grande Pagode de Vincennes, aura lieu le Festival pour la paix, inspiré par le mouvement bouddhiste en France.

Il n'y a pas que le foot dans l'actualité, même si mon dernier billet était sur la «coupe au monastère tibétain»... Ainsi du côté de la Porte Dorée à la Pagode (Paris 12ème), les 14 et 15 juin c'est le 14ème festival du Tibet et des Peuples de l'Himalaya. Et le dernier week-end de juin (du 27 au 29), toujours à la Grande Pagode de Vincennes, aura lieu le Festival pour la paix, inspiré par le mouvement bouddhiste en France.

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Le Tibet et les peuples de l'Himalaya

C'est la Maison du Tibet qui organise ce 14ème Festival Culturel du Tibet et des peuples de l'Himalaya. Avec l'objectif de défendre et de développer la connaissance de la culture tibétaine en France, cet événement cherche à sensibiliser sur les droits de l'Homme et la situation faite aux populations par l’hégémonie chinoise.

Cet année le festival rendra hommage, lors d'une table ronde, au Dalaï Lama. C'est toujours une opportunité de découvrir les danses tibétaines, venues de divers pays européens où vivent des communautés de réfugiés du Tibet.

La Pagode, installée au bord du lac Daumesnil, est un des derniers vestiges de l'exposition coloniale de 1931. Actuellement une petite communauté de moines bouddhistes y habite et y étudie. En quelque sorte ce site symbolise aussi le rassemblement régulier d’immigrés de l'Asie du sud-est venus en grand nombre en France depuis les années 70, réfugiés économiques victimes des régimes dictatoriaux dans la région. C’est un lieu qui a beaucoup contribué à la connaissance du bouddhisme tibétain notamment depuis l'annexion du Tibet par la Chine en 1950.

Tout ce qui puisse contribuer à reconnaître la différence de l'Autre ne peut qu'être souligné, notamment quand on a à faire face dans ce pays, à la montée de l'intolérance et du rejet, qui est d'ailleurs le sort des populations du plateau tibétain.

http://www.tibet-info.net/festival

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Groupe de pèlerins zen, les « Pèlerins des nuages et de l’eau » Œuvre du japonais Torao Yazaki (statue installée devant la Pagode)

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Festival pour la Paix 2014: la Paix et la Sagesse au Féminin

Dans ce même lieu, à la Grande Pagode de Vincennes, quinze jours plus tard, c'est le Festival pour la Paix organisé par l'Association Convergences pour la Paix, qui se décrit comme un "lieu qui a pour vocation de partager et transmettre la philosophie bouddhiste, et ouvrir ses portes à des manifestations culturelles, scientifiques et inter-religieuses porteuses de sens et de valeurs humaines" : la paix en soi, la paix dans le monde.

Thème de l'année 2014 «la Paix et la Sagesse au Féminin». Avec des intervenantes comme Virginie Larousse (revue Le Monde des Religions) à propos du rôle des femmes en religion et Renée Chao-Béroff, spécialiste de la micro-finance, qui abordera "comment les femmes participent au développement de l'Afrique et de l'Asie". Deux femmes, Elsa Grether (au violon) et Marie Vermeulin (au piano), ouvriront les concerts du festival et le Lama Gyurmé et J-Philippe Rykiel interpréteront des chants sacrés tibétains entre tradition et modernité.

Programme du Festival 2014

La marraine du Festival 2014, Aurélie Godefroy, présentatrice d'une émission télévisée Sagesse Bouddhiste, a choisi de citer un extrait du discours prononcé par Albert Camus, à l’Hôtel de ville de Stockholm, en décembre 1957, lors de l'attribution du prix Nobel:

«Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. Héritière d’une histoire corrompue où se mêlent les révolutions déchues, les techniques devenues folles, les dieux morts et les idéologies exténuées, où de médiocres pouvoirs peuvent aujourd’hui tout détruire mais ne savent plus convaincre, où l’intelligence s’est abaissée jusqu’à se faire la servante de la haine et de l’oppression, cette génération a dû, en elle-même et autour d’elle, restaurer, à partir de ses seules négations, un peu de ce qui fait la dignité de vivre et de mourir».

«Devant un monde menacé de désintégration, où nos grands inquisiteurs risquent d’établir pour toujours les royaumes de la mort, elle sait qu’elle devrait, dans une sorte de course folle contre la montre, restaurer entre les nations une paix qui ne soit pas celle de la servitude, réconcilier à nouveau travail et culture, et refaire avec tous les hommes une arche d’alliance. Il n’est pas sûr qu’elle puisse jamais accomplir cette tâche immense, mais il est sûr que, partout dans le monde, elle tient déjà son double pari de vérité et de liberté, et, à l’occasion, sait mourir sans haine pour lui. C’est elle qui mérite d’être saluée et encouragée partout où elle se trouve, et surtout là où elle se sacrifie».

Dans la tradition de ces manifestations, un moment de Méditation est proposé (le dimanche, 29, après-midi). «Ouverte à tous, quelles que soient ses croyances, quelles que soient ses habitudes, quelle que soit sa pratique ou sa non pratique de la méditation, assis sur un coussin ou assis sur une chaise, il n’y aura aucun pré-requis pour cet exercice, si ce n’est venir avec son bon cœur!»

C'est Marie-Stella Boussemart, figure très connue du bouddhisme français, qui conduira cette Méditation pour la Paix.

Certes, la Paix ne s'acquiert pas avec des bonnes intentions. Nous commémorons actuellement, dans l'espoir du «plus jamais ça», le centenaire d'une boucherie et les soixante-dix ans de l'horreur de la Shoah  par la volonté humaine. Mais si nous sommes épargnés dans cette partie du continent, ce n'est pas le cas en Ukraine. Et ailleurs, la vie des Afghans, des Irakiens, des Syriens, des Palestiniens entre autres, est aussi confrontée aux horreurs de la guerre, des violences et souvent de l'arbitraire. La prise de conscience et la «communion laïque» de cette détermination et de cette volonté, contribueront à l'élan vers la paix, qui est un défi permanent.

Au-delà des croyances, des convictions qui nous animent ou nous mobilisent, ce sont des valeurs humanistes qui peuvent se partager ce mois de juin, du Côté de la Porte Dorée. Et rien que pour cela, ça vaut la peine de l'évoquer. http://www.festivalpourlapaix.org/programme-du-festival-2014/

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Pagode du Bois de Vincennes, Route de la Petite Ceinture du Lac Daumesnil, 75012 Paris, métro (ligne 8) et tramway (3a) : Porte Dorée

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