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Billet de blog 13 juil. 2020

“Gouvernement de combat?” pas le nôtre!

Avec “tambours et trompettes”, c'est à dire BFM-TV, C-News, TF1, JDD..., ils annoncent un gouvernement de combat! En commençant par les attractions Dupond-Moretti, «grand avocat à la française», Bachelot, «femme populaire» qui sera «ministre de la culture grand public»... des “Grosses Têtes” (sur RTL) qui font le remaniement. Le reste c'est du détail, pas moins significatif!

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La “montagne a accouché d'une souris” autrement dit la Macronie à défaut de “se réinventer, moi le premier” (dixit Macron le 13 avril) a fait dans le spectacle, grand public, grandes gueules! Sa réserve-ministrable semble bien réduite aux “paillettes et vulgarités” Bachelot. Il voulait sans doute dire “combat oui, combat pour ma réélection en 2022”!

Un haut-fonctionnaire cumulard de postes et de fonctions, embauché pour s'occuper de Matignon.

En sous-titre "gaulliste social", ce qui ne veut pas dire grand chose mais qui a le mérite de boucher un coin aux auto-proclamés gaullistes des LR. Ça rentre bien aussi dans la suite des commémorations du 18 juin par la Macronie. Un super-dir'cab qui fera le job dictée par le super-président.

Dans l'économie il a maintenu le ministre du CAC 40. À l'éducation nationale, toujours là, celui qui prône la “confiance” et qui a réussi à provoquer une large “défiance” parmi les enseignants. Opposé aux scolarités alternatives comme à Aubervilliers: un collège coopératif interdit...

L'écologie, on pouvait penser qu'après la Convention citoyenne, et les dégâts dus à la Covid-19, serait le maître-mot du “monde d'après”. Ça ne prend pas le chemin. C'est une ex-verte, passée par un gouvernement Hollande, recyclée En marche, qui a pour le moment salué la banderole de Greenpeace, sur le chantier de Notre-Dame “Climat: Macron, notre drame”!

Pour l'intérieur, c'est le ''fils spirituel'' de Sarko, qui prend la tête de Beauvau... considéré en haut lieu un «produit de la méritocratie républicaine» qui devient premier flic de France, pas tout à fait “au-dessus de tout soupçon”... Par ailleurs cumule deux fonctions, maire et ministre!

Pour la citoyenneté auprès du ministre de l'intérieur, c'est Schiappa, «notre Arletty à nous!» quoique battue aux municipales, à Paris 14ème. Et, d'après Le Monde, un ami du chef de l’État résume, «un gouvernement qui ressemble à la France», axé sur l’«authenticité» et les «territoires».

Après le premier conseil de ministres, le nouveau porte-parole du gouvernement, ex-secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation, Gabriel Attal, “C'est un gouvernement de 600 jours. Du premier au dernier jour nous travaillerons d'arrache-pied [pour des marcheurs, ça craint]. C'est un gouvernement de dépassement et de combat”. Dans le new language de leur start-up-nation ce sera un gouv.combat.com!

Après “la guerre”, que le président avait déclaré le 16 mars, mais qui n'a pas eu lieu (sauf pour les soignants qui se sont battus sans ''armes''), nous voilà partis au “combat”. Mais ce n'est pas le “combat” des citoyens. Et sans aller très loin, on voit déjà les contours. Après des “louanges et applaudissements” le personnel médical se retrouve à nouveau dans le besoin de manifester pour rappeler, pas que les promesses, mais la situation de démantèlement de l'hôpital public bien avant la Covid.

Et pour le reste la fièvre du locataire de Matignon, en CDI dit-il, à vouloir relancer la réforme des retraites, est révélatrice de la méthode et des intentions: passer en force “quoi qu'il en coûte” comme dictait solennellement le président le 12 mars. En effet, on commence à sentir “ce que cela en coûte” à la population et particulièrement aux plus fragiles dont la Covid est venue rajouter à leur précarité.

Contre” la lutte anti-corruption

D'ores et déjà, et pour répondre aux bien intentionnés “laissons les faire leurs preuves”, on peut craindre que sur le chapitre de l'éthique, la lutte contre la corruption passe au deuxième plan voire à la rubrique des “classements sans suite”.

Je pense notamment aux affaires Ferrand et Kohler, deux épines dans le pied du président qu'il veut faire disparaître avant 2022.

Les deux dossiers ce sont des procédures dont Anticor est à l'origine et constituée partie civile. L'agrément de l'Association, lui permettant d'agir en justice arrive à son terme en 2021. Le nouveau Garde des Sceaux ne porte pas dans son cœur, ni dans ses habitudes, la notion de transparence ou le rôle des lanceurs d'alerte. L'agrément dépend donc de lui... à suivre.

On sait aussi que les “dossiers judiciaires” concernant Sarkozy sont nombreux et traînent un peu dans les méandres des tribunaux. Un trio qui pourrait bien s'épauler et qui se tient fort bien, Macron-Dupond Moretti, Sarkozy, au nom de l'intérêt commun, le leur!

L'association Anticor considère sa nomination comme "un très mauvais signal pour l'éthique et pour les associations anticorruption". Et je pense qu'il sera nécessaire une vigilance citoyenne pour préserver le droit d'intervention des associations qui s'engagent pour l’éthique dans la vie publique.

Merci à Mix & Remix pour ce dessin, paru dans Le Matin Lausanne

Un signal (mauvais) envoyé aux victimes de violences faites aux femmes

En attendant “les preuves”, un premier couac-avertissement avec pour toile de fond du gouv-Macron-3 celui de la place des femmes... “mauvais procès, la parité est assurée”. Oui mais, plus qu'un symbole, c'est que deux ministres sont particulièrement mis en cause.

Pour l'un (Darmanin) la cour d’appel de Paris a ordonné, mardi 11 juin 2020, la reprise des investigations concernant une accusation de “viol, harcèlement sexuel et abus de confiance qu’il aurait commis en 2009”.

Pour l'autre, (Dupond Moretti) pourfendeur du mouvement #Metoo. La psychiatre Muriel Salmona, commentait ainsi sa nomination, «Il s’est illustré par la non-prise en compte de tout l’aspect psycho-traumatique des victimes et son attitude très maltraitante dans les prétoires vis-à-vis de ces dernières. Au-delà de toutes ses sorties tonitruantes sur l’outrage sexiste, c’est un homme qui véhicule toute la culture du viol. C’est un très mauvais signal envoyé aux victimes. » affirmait la présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie, qui fut partie civile lors du procès Tron.

De son côté Céline Piques, porte-parole de l’association Osez le féminisme, réagissait auprès du Monde: «Nommer comme premier flic de France Gérald Darmanin, un homme accusé de viol, et comme garde des sceaux Eric Dupond-Moretti, un antiféministe notoire, c’est complètement impensable. Il s’agit des deux représentants de la police et de la justice, deux institutions clés dans le parcours des victimes de violences sexuelles. »

* * * Le combat de la Macronie, faisant fi des procédures en justice, soucieux avant tout de la prochaine élection présidentielle, sera de poursuivre son ancrage à droite, ses accommodements avec les lobbys, qu'ils soient chasseurs, laboratoires ou FNSEA... Emmanuel Macron veut imposer l'idée qu'il sera le seul rempart contre le Lepenisme. Peut-être qu'il n'a pas encore compris ou voulu comprendre que si le même scénario de mai 2017 se répète au second tour, nombreux sont ceux pour qui le vote sera blanc!

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