Discours du jour 28: l'hôpital et l'écologie absents!

Macron voulait que sa quatrième intervention soit un discours fondateur. Et on l'attendait beaucoup à deux jours du terme officiel du confinement. Outre la date probable du dé-confinement, le 11 mai, d'un acte de contrition sur les manquements et des mesures plus ou moins précises sur l'école, crèches, et aides exceptionnelles, deux sujets n'ont pas été abordés, l'hôpital et l'environnement.

Pour un discours fondateur, on était en droit de s'attendre que des questions essentielles, à la lumière de la crise sanitaire en cours, soient sinon abordées, au moins évoquées comme les questions qui comptent et détermineront la suite.

Point numéro un, l'hôpital et les plans de démantèlement dont Agnès Buzyn,  l'ancienne ministre de la Santé était en charge. Il y a à peine une semaine un des directeurs régionaux de l'ARS avait eu «le courage ou le toupet» d'affirmer que le Covid-19 ne faisait que retarder l'échéance de la fermeture des lits et de la suppression de postes (à l'hôpital de Nancy). Depuis il a été limogé et le ministre a dit que tous les projets étaient suspendus (mais pas annulés?)

Le président aurait à dire à la Nation ce que le Covid-19 a révélé de l'état de l'hôpital public et de la mise à plat de toutes les politiques envisagées qui font de l'hôpital une ''entreprise comme les autres...''. Et cette espèce de félicitations qui ont ouvert sa prestation, aux personnels médicaux mais aussi à tous les autres qui sont sur le front pour nous permettre de continuer à bénéficier au quotidien, finissent par ressembler à des ''jérémiades à l'envers'', comme si les professionnels ne l'étaient devenus que parce que nous sommes en crise. Et avant, depuis combien d'années ne sont-ils devant les mêmes carences?

Après le "virus" la casse continue!

Et l'écologie...

La Convention Citoyenne, qui devait présenter ses conclusions début avril après approbation en séance plénière a été dans l'obligation de modifier son calendrier. La majorité de ses membres ont toutefois estimé nécessaire et urgent de faire une première communication pour contribuer à la réflexion des politiques publiques sur l'environnement. Dès jeudi dernier, adressées à l’Élysée, et au gouvernement la Convention a remis 50 propositions, répondant au défi climatique mais aussi sanitaire et économique pour ''porter l’espoir d’un nouveau modèle de société''.

Là aussi, le Président n'a rien dit (ni accusé réception publiquement). C'est dans le débat de cette Convention que beaucoup des questions soulevées par ce "virus" sont en première ligne. Emmanuel  Macron n'a pas entendu l'évoquer préparant ainsi la nation, et laissant un signal que c'est par là que ''l'après'' sera pensée, réfléchi, planifié.

Et dans cette matière, comme pour l'hôpital, le Président est resté silencieux ce qui préfigure les intentions de sa politique pour l'après-épidémie.

«Sachons dans ce moment sortir des sentiers battus, des idéologies et nous réinventer. Moi le premier.» Que réinventer quand les questions qui sont en première ligne ne sont pas prises en compte en pleine tempête?

Le jonglage des mots est en marche et il paraît chaque jour plus clairement que ce "virus" cache avec profit celui du maintien, sous d'autres oripeaux, de la politique néolibéral qui est la vrai nature de ce quinquennat.

* * Et eugénio populin, rappelle dans son blog que  Le 11 Mai est ... la journée mondiale des espèces menacées* ici, les ''espèces menacées'' sont celles qui constituent le service public...!

 

Le discours de Macron du 12 mars 2020: paroles, paroles...

Merci à Delaire pour ce dessin fait à la suite du discours du 12 mars 2020

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