“Les mots pour le dire”: Macron et l'empathie!

Il y a quelque chose de dérisoire dans la prestation du Président. Ses mots vides, convenus, remplis de promesses, énièmes promesses, de compassion pour ceux qui sont, selon les statistiques, en bas de l'échelle. Mais qu'il ne connaît pas, qu'il ne se représente pas, dont il ne s'en soucie pas sauf au moment où ça lui fout la jaunisse! Ou la «jeunisse» avec les lycéens de Mantes la Jolie!

Pour reprendre un titre qui a marqué (*), il n'a pas eu les mots pour le dire. Il ne pouvait pas les avoir car cela lui est inconnu, distant, et il le dédaigne pour ne pas dire le méprise. C'est que son monde, le nouveau monde dont il nous a vacciné pendant sa campagne et qui ressemble à un microcosme, un agglomérat de petits clans, disparates, ambitieux, rivales, mais ensemble à l'occasion pour garantir, défendre, soutenir leur privilèges de caste, de classe.

Le Président, ce président n'a guère d'empathie pour les citoyens autres que ceux de sa proximité. Ceux qui méritent sa sympathie. Et ceux peu méritants, à la traîne, qui ne sont pas en marche, à ceux là c'est l'antipathie de l’indifférence.

Nous sommes tous, en réalité dans un déficit des mots pour le dire à tous les niveaux. Gilets jaunes, verts ou rouges nous disons, alertons, crions, manifestons mais en ordre dispersé, ce qui a permis jusqu'à maintenant à la Macronie de s'en tirer dans sa politique qui consolide les avantages de ceux qui en ont et confirme la paupérisation de ceux dont la vie est fragilisé dès leur naissance!

Une motion de censure c'est toujours utile d'en faire état, même s'il s'agit d'un coup d'épée dans l'eau. C'est la vie démocratique qui prend tout son sens. Mais dans les ronds points, dans les cités, dans la queue de pôle emploi, dans les centres commerciaux loin de la ville ou dans les lycées professionnels et autres... tout ceci est à des miles de distance de leurs réalités et de leurs préoccupations immédiates. C'est comme si la démocratie, tournait en rond dans les rond points. Justement c'est ce qu'ils nous en font voir: cette démocratie, nos démocraties de pays nantis s'épuisent et nous donnent à voir ses limites pour les plus défavorisés et nous laissent entrevoir la corruption matérielle et des valeurs qui dénaturent le sens même du mot.

C'est peut-être là le défi des gilets de toutes les couleurs, trouver les mots (plus que certains actes qui les disqualifient) pour dire et mobiliser notre colère et la transformer en action et en revendication pour le plus grand nombre... sur la fiche de paie (mais aussi les services publics dont les moyens se réduisent, les collèges qui perdent des profs, les lits qui ferment dans le hôpitaux faute de personnel...), le climat, l'environnement qui détermine aussi tout le reste!

(*) Marie Cardinal, Les Mots pour le Dire, 1977, édition Grasset et en poche.

 

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