Trump «au service» de Netanyahou...

Autrement dit, Trump «président-pantin» de Netanyahou...? bien sûr que non. Mais ça lui ressemble. L'imprévisible, l'incertain président des États Unis, semble aux ordres du premier-ministre, qu'on dit «corrompu» d'Israël, lui accordant tout ce dont lui rêvait...

C'est à dire, la mise en pièces d'un accord qui contribuait à la stabilité militaire dans la région, le transfert contre toutes les diplomaties du monde (sauf le Guatemala) de l'ambassade américaine à Jérusalem, le soutien aux installations de colons des plus extrémistes israéliens...

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«Copains comme cochons» ils n'ont rien à faire ni des voix occidentales (dont la France), ni de la vie des Palestiniens, ni de l'avenir de la région... pourvu que ça leur rapporte en termes de politique intérieur. Pour l'un le résultat des promesses électorales et des échéances à venir, pour l'autre la diversion pour faire passer au deuxième plan les procédures en cours (y compris concernant son épouse) de corruption à la tête du pouvoir.

Et pendant ce temps là, l’État Israélien tue «au moins 58 Palestiniens, dans la journée d'hier, par des soldats israéliens dans la bande de Gaza mais aussi en Cisjordanie contre l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem».

Je me demandais, en réfléchissant à ce billet mais de quel droit et pour quelle raison m'exprimer sur ce qui passe si loin. Je ne suis pas juif (quoique des ancêtres marranes...) ni palestinien. Mais j'estime que nous sommes tous concernés par ce qui se passe dans cette région du monde, d'autant plus qu'elle a des effets palpables autour de nous. Dans nos quartiers (rue Petit et rue Hautpoul dans le 19ème de Paris, entre autres) et parmi les jeunes que nous côtoyons à Sevran ou à Créteil voire ailleurs.

Et je pensais, qu'il était important que des voix se lèvent contre les agressions et les violences dont les personnes d'origine juive sont victimes autour de nous (même si certains termes -“Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau”, convenaient à la signature de Nicolas Sarkozy laissant suggérer à une pétition au “karcher”).

Peut-on attendre que ces mêmes signatures se manifestent pendant les “réjouissances mortifères des officiels de Donald Trump et de Benjamin Netanyahou au moment de l’installation de l'Ambassade américaine à Jérusalem? Peut-on supposer que cette conscience nationale contre l'antisémitisme soit suffisamment libre et engagée pour dénoncer ce qui contribue à la montée antisémite et qui soit également vent debout contre la violence de l’État d'Israël.

Peut-on dire sa surprise, que Le Monde, le journal de référence, dans son édition du 8 mai, publie à la Une une image de la mise en scène d'Israël, "baptisée" conférence de presse de Benjamin Netanyahou, en anglais, à destination d'un seul spectateur, conquis d'avance, Donald Trump.

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Le président américain Donald Trump ayant décidé que la date-butoir du 12 mai serait celle où l'Amérique «corrigerait ou quitterait» l’accord. Alos que quatre jours avant, un haut-responsable a expliqué qu’Israël «avait coordonné la révélation de ces documents avec la Maison Blanche, de sorte que la conférence de presse de Benjamin Netanyahou fasse suite aux rencontres entre Donald Trump et la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron — qui ont tous les deux cherché à convaincre le chef américain à ne pas quitter le pacte».

Instrumentaliser ces actes barbares, justifiés par un discours haineux sous couverture religieuse, c'est contribuer à justifier les prises de position extrémistes de droite du gouvernement d'Israël qui assoie son fond de commerce sur l'amalgame d'antisionisme et antisémitisme. C'est accuser et montrer du doigt une communauté cherchant à instaurer ici le climat de tension et d'exclusion que les compromis politiques au pouvoir instaurent là bas.

Il a été peu relayé par les médias, l'appel des trente imams (dans Le Monde du 25 avril 2018) qui dénoncent l'antisémitisme et le terrorisme en France, se déclarent dépassés par les comportements violents d'une certaine jeunesse dite de banlieue et expriment leur souhait de s'impliquer plus dans le combat républicain. C'est dans la mise en place des efforts conjoints des citoyens et des pouvoirs publics, que nous protégerons les victimes de toutes les confessions mais surtout que nous endiguerons l'exclusion nourrie par les fanatismes et fondamentalismes de tous bords.

* * Dans les commentaires extrait d'Un «mauvais génie» à la Maison-Blanche.

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