Un Président ne devrait pas “oublier” ça...

Depuis deux semaines le pays, en écho au meurtre perpétré par la police aux États-Unis d'un citoyen Afro-Américain, a exprimé, manifesté, argumenté sur les actes racistes contre une partie de la population et les violences policières exercées contre les minorités visibles, qu'elles soient noires, arabes ou en gilet jaune... Dans son monologue le Président aurait “oublié” d'y faire référence.

On m'accusera de mauvais esprit, ou de parti pris car il a dit «Nous sommes une nation où chacun, quelles que soient ses origines, sa religion doit trouver sa place. Est-ce vrai partout et pour tout le monde? Non», et de nous sortir encore une fois le fameux intraitable: «Nous serons intraitables face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations et de nouvelles décisions fortes seront prises»

Mais pas un mot sur les nombreuses manifestations, en pleine crise sanitaire, de jeunes et moins jeunes, de toutes les couleurs, pour dire qu'on ne pourra pas vivre en paix tant qu'il n'y aura pas de justice! Et c'est parce que le déni du racisme, qui gangrène la police et la violence qui caractérise de plus en plus son action, qu'elle soit exercée dans les quartiers dit sensibles ou pour limiter les manifestations de syndicalistes ou de gilets jaunes, que la tension et la défiance de la Police et de l’État sont en train de dégrader la vie sociale et la démocratie.

Au lieu de prendre en compte les difficultés, les obstacles, le ''no futur'' de ces populations le Président fait une entourloupe «Sans ordre républicain, il n’y a ni sécurité, ni liberté, … cet ordre, ce sont les policiers et gendarmes sur notre sol qui l’assurent...» et «méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la Nation».

Mais M. le Président, l'ordre Républicain ne peut s'entendre que si tous les citoyens sont traités à égalité quand ils croisent les policiers et gendarmes! Et celles et ceux qui contestent l'usage et l'abus de l'ordre Républicain ce ne sont pas des “séparatistes”, comme vous les avez stigmatisé, ce sont des femmes et des hommes qu'on ne peut pas exclure parce qu'ils ne se soumettent pas aux diktats imposés au nom de l'ordre public sous couvert de démocratie.

Et quand, manifestant à Paris comme dans tout le pays rappelant que pas de justice pas de paixet on subit l'encerclement, Place de la République, 24 heures avant son allocution, on ne peut que s'indigner d'un tel “oubli”, dans sa superbe “autosatisfaction”, car il signe le mépris et l'indifférence pour des citoyens qui seraient “indésirables”! 

“Intraitable”... et “In-traitées”!

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