Fillon & Mercier, même combat!

«Ma petite entreprise, ne connaît pas la crise»! C'est bien vrai, pendant qu'une politique de restrictions touchaient une grande partie de la population, que la «courbe du chômage» se courbait chaque jour, deux de nos élus distribuaient, directement ou indirectement, des jobs à leur famille. Fictifs ou pas, c'est le principe même de ceux qui s'en servent de leur mandat qui est en question.

Pôle-emploi-branche famille

Ce «pôle emploi familial» semble avoir réussi pour les finances de ces deux élus de la République, François Fillon et Michel Mercier. Le débat autour de l'aspect fictif ou pas de ces collaborations, exigeant en droit, est largement dépassé se posant ici la question de l'équité et de l'égalité entre les citoyens. De l'abus de position dominante dont la qualité d'élu leur a permis de faire bénéficier ses familiers des avantages d'un emploi rémunérateur.

On pourrait presque «gloser» sur ces largesses familiales des bons-pères de famille Fillon-Mercier. Cela risque de ressembler à de l'assistanat si vigoureusement dénoncé par le pourfendeur des abus -côté pauvres- qui est M Wauquiez...

Mais surtout ces «arrangements familiaux» des gens de bien, entendus au JT de 20 heures par les «gens d'en bas» de la Seine St Denis, des sans-dents d'ailleurs ou des campagnes où un agriculteur se suicide tous les deux jours, contribuent à la montée du FN dont le résultat électorale l'a ralenti mais pas arrêté: «Tous les mêmes»!

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L'extrême-droite se nourrit de l'abîme creusé entre une classe politique informée, dans le vent, contente d'elle-même, se donnant en spectacle, plus opposant que moi tu meurs, et la réalité de la vie des quartiers, des emplois précaires, du chômage chronique, des rapides déceptions des apolitiques qui ont pu s’illusionner avec le discours marcronien de modernité, cassant le carcan institutionnel droite-gauche.

Et si on pouvait se demander si « les classes populaires » suivaient le feuilleton de la loi dite de « moralisation », leurs préoccupations étant autres, on ne doute pas qu'ils sont conscients de l'injustice de ces petits avantages (avec des sommes conséquentes) que procure le pouvoir.

Dans ce sens ces personnages politiques (sans doute d'autres encore) outre leur responsabilité, participent à la «corruption de la démocratie», cette forme de s'approprier du vote des électeurs pour faire bénéficier, par petites combines, parfois légales, ses familiers.

Les Républicains (UMP) debout! contre la discrimination à l'embauche

Et c'est révélateur que les députés UMP-LR aient saisi le 9 août le Conseil Constitutionnel, dénonçant l’interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires, ministres et présidents des exécutifs locaux. Leur argument étant que la loi de «confiance dans la vie politique», par cette mesure, créée une «discrimination à l’emploi, qui ne se justifie par aucun motif d’intérêt général». Il est surprenant que la droite vienne se plaindre d'une supposée «discrimination à l'embauche». Est-ce que le fait de ne pas embaucher sa femme, Mme Fillon, l'ancien premier-ministre pratiquait une «discrimination à l'emploi»? On comprend ainsi combien la loi dite de «moralisation» gêne aux entournures ceux qui ont, peu ou prou, bénéficié ou fait bénéficier leurs entourages ou leur clan.

Le premier-ministre, questionné sur le fait que Mme Mercier faisait sa rentrée dans les investigations ordonnées par le Parquet National Financier, se limitait à évoquer les pratiques anciennes: «Je me bornerai à dire (...) qu’une fois de plus on voit combien des pratiques, dont je ne me prononce pas sur la légalité -ce n’est pas à moi de la faire- qui étaient probablement tolérées, peut-être acceptées pendant un temps, ne le sont plus aujourd’hui», (sur RTL le 9 août).

Sur un autre fil, Bernard Uguen * évoque le manque de «de contre-pouvoirs ou ceux-ci sont réduits à l'impuissance... Il est nécessaire d'utiliser et d'institutionnaliser la participation citoyenne pour réaliser des contrôles fiables et pour en assurer la publicité. Il est donc indispensable de réfléchir à la concrétisation d'un tel contre-pouvoir».

La corruption (quelques soient ses artifices, astuces, arrangements ou accommodements) contribue au désenchantement et au désintérêt des citoyens pour la vie politique. Ici c'est de la "corruption de la démocratie" dont il s'agit. Seule l'extrême-droite en tire bénéfice, même si elle n'est pas plus vertueuse que les autres. La mobilisation me paraît permanente et transversale en dehors des "clubs" d'appartenance.

En attendant, le Président du Sénat, Larcher, si pressé à se débarrasser de Mercier reprend le train de sénateur laissant, comme le rappelle le Canard Enchaîné d'aujourd'hui, «planer le doute pour avoir des appuis de tous les côtés pour l'élection à la présidence du Sénat». Mine de rien, le Sénat est un lieu de haute stratégie!

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