Le gilet de “Finky”

“Alain Finkielkraut sifflé et insulté par des "gilets jaunes" à Paris” (Le Monde). En marge de la manifestation du samedi 16 février, une vague de protestations contre les insultes à l'Académicien prononcés par des manifestants arborant un gilet jaune. Tout citoyen, épris de justice, ici ou ailleurs ne peut que condamner, s'opposer sans ambiguïté à toute violence raciste, antisémite!

Et j'estime que Mediapart (aussi bien la rédaction que les abonnés, blogueurs ou pas) a toujours montré -et je pense continuera à le faire- par ses positions, ses écrits, son engagement qu'on ne peut pas tolérer le rejet de l'autre du fait de son appartenance, sa religion, sa couleur de peau, son statut social... ou son accent!

Et nous n'avons pas eu besoin d'un événement médiatique pour exprimer ici le refus et la condamnation de toute forme d'exclusion.

Une fois qu'on a dit ça, il y a cette séquence médiatique, les titres des gazettes, et les vidéos qui tournent en boucle. Et il y a les circonstances de cette violence verbale -et physique- et le fait que depuis trois mois ce pays vit une crise où ceux qui se sentant à la traîne de la vie et de la société ont cherché à exprimer avec leurs moyens, leur colère, leur ras-le-bol, leur désarroi, leur impuissance. Le quinquennat Macron, qui se voulait innovant, a surtout confirmé voire aggravé la rupture sociale, la défiance, le mépris, l'arrogance -en actes et en paroles- qui disqualifient ceux qui rien, par ailleurs ne qualifie: scolarités défaillantes, emplois inaccessibles ou précaires, système hospitalier et de santé en perte de qualité, services publics supprimés ou réduits à la portion congrue vers les formulaires par le net...

En réponse, faute tant soit peu d'être attentifs à ce vent qui souffle, après des atermoiements, une violence policière s'est installée suscitant la radicalisation des violences de manifestants.

Déjà à “Nuit debout...”

C'est dans ce contexte me semble-t-il que le médiatique Académicien, comme lors de Nuit debout, (en avril 2016, chassé de la place de la République, où il a reçu des insultes "Casse-toi", "Facho"), a suscité la colère et le rejet. Selon le Parisien, il dit «Je n’ai pas entendu “sale Juif”». Et d'après son témoignage : «Ils visaient avant tout mes liens et mes positions sur Israël. Il y a chez eux un sentiment d’hostilité très fort à l’égard des juifs et je paie ma notoriété». Son discours favorable à la politique de l’État d'Israël, qui ne cache même plus sa politique ségrégationniste, ou ses diatribes contre les musulmans contribuent sans doute au climat polémique et rejetant autour de lui.

Ayant eu des propos bienveillants sur les gilets jaunes dès le début il a du se sentir en confiance quand les manifestants défilaient en bas de chez lui... Sans compter que parmi ces manifestants beaucoup (venus d'horizons divers) s'en servent pour proférer des propos ignobles et inadmissibles mais qui, aujourd'hui comme hier, composent la société française.

Ces prises de position et de soutien officiel (cf le mot du Président) auraient pu se manifester aussi lorsqu'un élu noir, Jean-François Mbaye a reçu une lettre anonyme, l'appelant noir de service, comme ceux que l'on case dans les pubs afin de faire croire que les Français ne sont pas racistes”, et ajoutant De quel droit un Africain vient se mêler des problèmes de la France”.

Les insultes racistes et antisémites ne concernent pas que les Noirs, les Juifs, les Jaunes, les Grosses ou les Arabes, concernent tous les citoyens. Et nous sommes aussi concernés par l'utilisation indécente et démagogique qui peut en être faite.

* *  Cet article des «Invités De Mediapart» résume bien l'engagement citoyen :                               

Contre les actes antisémites, contre leur instrumentalisation, pour le combat contre toutes les formes de racisme

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